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Le temps ne guérit pas… Seul le pardon le fait.

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Publié initialement dans le magazine japonais BEEAST

Je me tenais devant la porte de ma chambre avec probablement plus d’excitation que mes 2 petits amours poilus MacKaye et Leonard, qui pleuraient et aboyaient pour que j’ouvre vite. Ce pur moment d’amour est ce qui m’a fait revenir de de façon régulière dans l’année qui s’est écoulée, me séparant du moment où je dirais : « Ok, cette fois je suis de retour à la maison. » Je n’aurais jamais pensé que la dernière année se passerait comme ça, même si je n’avais aucun plan. Les journées sont devenues des semaines. Les semaines sont devenues des mois. Et sans crier gare, je me suis retrouvé à me demander si je reviendrais un jour, ce qui, je pense, n’aurait jamais eu lieu si ce n’était pour l’écriture du livre « A Journey Beyond Ourselves ». J’étais à ce point émotionnellement anéanti, mais j’ai réalisé que je n’étais pas définitivement brisé après tout. Tu peux courir aussi loin et aussi longtemps que tu veux, pour toutes les bonnes et mauvaises raisons. Le temps ne guérit pas… Seul le pardon le fait.

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Ce fut spécial pour moi d’être de retour en studio hier soir, après ce qui semblait faire une éternité. C’était spécial de me retrouver dans un endroit avec tellement d’histoires, avec tellement de nos larmes, rires, rêves endeuillés et succès exaltants. Je ne m’attendais pas à ce que l’endroit soit autre chose. Encore une fois, c’est ce que nous décidons de faire de ces moments qui détermine leur nature et par conséquent leur implication émotionnelle. Hier soir, sans aucune autre raison que de le sentir, tout ça à travers la liberté avec laquelle je vis ma vie maintenant, j’ai même pu le partager avec les autres. Je gardais toujours mes émotions personnelles pour moi avant, alors ça m’a rappelé comment quelque chose d’aussi simple qu’être au même endroit que les autres n’a jamais été aussi simple que ça pour moi jusqu’à maintenant. Partager des idées de chansons et révéler un peu des émotions qui vivaient en elles était bénissant pour moi… c’était simple.

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J’ai partagé entre autre que, au milieu du monde chaotique dans lequel nous vivons au quotidien et chaque nouveau matin d’éternel deuil, j’ai senti que c’était le moment pour moi de donner vie aux mots de compassion, de grâce et de miséricorde que je n’ai eu de cesse d’écrire pour purger l’intolérance et le fatalisme qui rôdent autour de nous, suivant chaque insupportable et terrible acte de terreur révoltante dont nous faisons partie, que ce soit en tant que victimes de la haine ou survivants impuissants, ou dont nous nous déconnectons, que ce soit pour nous protéger de la haine ou tel un déni reconnu de vivre sans peur, peu importe ce que ça peut vouloir dire. Comme j’ai dit à un ami proche qui m’avait demandé d’écrire un texte pour un important journal après un acte récent de terreur abominable et révoltant, je ne pouvais plus, aussi honteux et désespéré que ça puisse sonner, continuer d’écrire des eulogies.

Après les événements survenus à Manchester…

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Nous sommes tous totalement dévastés par la nuit d’horreur à Manchester, une ville qui a toujours été très significative pour le groupe, et où nous avons beaucoup d’amis proches et de membres de la famille. Nos pensées les plus sincères et nos prières les plus pures vont vers les familles à qui l’on a enlevé les bénédictions d’être dans la présence de leurs êtres chers, et à tous ceux qui, tout comme nous, se sentent impuissants face à de telles actes monstrueux et abominables de haine et de violence.

Chaque matin suivant de tels désastres, qu’ils soient perpétués dans des lieux familiers ou lointains, nous rappelle à quel point la paix collective et l’empathie commune sont fragiles face à l’implacable nature de la haine… Combien le prix pour le pardon et l’amour semble être de plus en plus difficile à payer pour les gens de bonne volonté… Alors que nous en sommes à faire face aux peurs les plus horribles et aux craintes présentes, celles-ci s’avérant être les mêmes monstres que nous méprisons tellement profondément… du moins c’est toujours la décision personnelle que je prends…

Embrassons la vie; c’est toujours la façon la plus inspirante d’honorer ceux que nous avons perdus et de répondre à la haine et à la terreur.

– Alex

PS : Nous voulons aussi remercier tous ceux qui nous ont envoyé des messages afin de s’assurer que Jeff et moi étions en sécurité, puisque nous sommes tout juste de retour d’un voyage au Royaume-Uni… Désolés d’avoir mis du temps à répondre, nous sommes tout aussi choqués que vous tous… Une chose est sûre par contre; votre affection est encore une fois tellement inspirante pour nous tous. Merci de nous rappeler le pouvoir du véritable amour.

Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie

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Nier les droits d’une personne revient à les corrompre. Nous ne comprenons peut-être pas, nous ne sommes peut-être pas à l’aise, peut-être même que nous ne sommes pas d’accord, mais une chose est sûre; dès que nous nions l’égalité sur la base de nos croyances ou sur les différences des autres, nous devenons complices de la haine à laquelle chacun d’entre nous avons eu à faire face, faisons actuellement face ou ferons face un jour simplement en étant qui nous sommes. Reconnaître qui nous sommes, peu importe ce que ça veut dire, c’est aussi reconnaître et accepter les autres. Qu’on le veuille ou non, nous sommes tous étranges, bizarres ou inappropriés pour au moins une autre personne. Et c’est ce qui fait du monde un endroit bien plus captivant où évoluer que n’importe quelle dictature homogénéisée créée par nos peurs et ce que nous blâmons. Du moins, bon ou mauvais, c’est mon humble avis… Les droits humains pour tous… sans exception !!!

– Alex

Most Live To Say Goodbye, Some Die To Feel Alive

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La plupart des gens vivent pour dire au revoir, d’autres meurent pour se sentir en vie.

New York a toujours été une entité vivante des plus fascinante pour moi. Plus que le nom iconique, c’est tout un monde tournant sur lui-même, un peu comme un concept fictif de tous genres… C’est comme si le temps n’avait jamais eu aucune autorité sur ses marées mouvantes portant à son évolution. C’est comme le centre de partout où vous essayez de regarder; le passé, le présent, le futur. Joyeuse joie et misère apathique. Tout ce que nous essayons de laisser derrière et tout ce que nous avons toujours souhaité. Dépendance et liberté. La communauté et l’autonomie. C’est une image symbolique de liberté et une forteresse opulente implacable. Une indigence pornographique et une ambition sanctifiée.

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Comme un miroir reflétant sa vision du monde qu’il crée et détruit, c’est une illusion romantique pour les dévots de l’amour éternel. Un refuge pour ceux qui sont à la recherche d’un nouveau départ. Un théâtre pour quiconque recherche une lumière plus brillante pour briller. Un repaire pour les étrangers. Une foule brillante pour ceux qui fuient leur propre silence. Une image mouvante de la nostalgie passée et d’une vision du futur. C’est une rue occupée pour un écrivain anonyme, un feu mystique, un désir mystérieux devant lequel s’agenouiller, une élévation de nos propres contractions. C’est la beauté de toutes les créations et la catastrophe chaotique qui vient naturellement avec. C’est à ça que ça ressemble d’être Dieu selon ses propres règles, et ce que ça veut dire d’être vraiment humain.

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J’ai grandi dans une tempête, jamais trop vieux pour croire et trop jeune pour vraiment m’en préoccuper. La plupart des gens vivent pour dire au revoir, d’autres meurent pour se sentir en vie. Et aussi proche qu’elle puisse se trouver de la maison, la réalité semble toujours être la plus éloignée de tous les endroits vers lesquels aller, comme si la distance entre un rêve et son incarnation demeure la plus grande à surmonter. Et en cette soirée brumeuse et pluvieuse du 1er mars 2016, marcher sur Broadway, boire du vin entouré par les rires et l’émerveillement des gens que tu aimes… Ce moment n’était pas New York. C’était bien plus grand que toutes ses lumières éclatantes et son vibrant horizon. C’était la famille… Aussi magnifiquement simple qu’elle est. Aussi édifiante et inspirante qu’elle est. La famille… et sa capacité unique de permettre aux siens d’être, entre un rêve et son incarnation, peu importe ce qu’il est ou pourrait être.

New York City… “Most Live To Say Goodbye – Some Die To Feel Alive”

– Alex

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Tant que ça nous importe…

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Thoughts following the events in Sainte-Foy

C’est avec une terrible douleur que j’écris un message comme celui-ci… Pas parce que la folie a violemment enlevé des vies chez nous, mais parce qu’il est de plus en plus difficile pour moi de regarder autour sans paraître désespérément cynique ou déconnecté…

C’est comme si le monde, plus que la réalité dans laquelle il semble tourner ou grandir, devenait de plus en plus flou. Comme si à chaque fois que nous sommes forcés d’observer ce qui se passe en dehors de nos propres vies, nous devons être les témoins impuissants d’une autre brillante couleur disparaissant sous nos yeux, soudainement aveuglés, ne serait-ce que pour un bref instant, par les horreurs ignobles qui semblent affreusement se rapprocher de plus en plus de ce que nous pensions être notre havre de paix, s’il en est un.

C’est d’autant plus douloureux pour moi de méditer sur l’espoir, l’amour et la paix alors que la « terreur » ne cesse de s’inviter à la table de la communion, emmenant avec elle son abominable obscurité, comme si une méchanceté si terrible mettait au défi tout ce que je suis, tout ce en quoi je crois, tout ce qui définit la compassion que je transforme en action, me forçant à aller de plus en plus en profondeur à chaque fois, de faire une introspection sur moi-même. Mais tout en moi préférerait continuer de regarder de l’autre côté pour refuser l’idée même de l’existence d’une telle haine, pour le renier, pour continuer de vivre, comme si… comme si quoi…? Parfois, je suis simplement trop confus pour même être capable de me mentir à moi-même… “Tout va bien aller”, je n’ai de cesse de chuchoter. Mais comment je le sais ? Je ne cesse de me le demander. Est-ce que c’est bon d’être confus ? Je ne sais pas.

Depuis les atrocités de Charlie Hebdo, les multiplications des tragédies haineuses détestables, leurs images et vidéos associées, ce qui me dégoûte le plus reste le haut niveau de non-sens apathique que nous ne cessons d’entendre dans les différentes tribunes publiques. “Experts”, “spécialistes”, “observateurs” et “commentateurs” nourrissent le flux de toutes les inepties possibles et imaginables tellement faciles et génériques quelques secondes seulement après que la nouvelle soit sortie. Ce matin, les âneries que j’ai entendues allaient bien au-delà de toute intelligence des deux côtés du spectrum politique et social. Ça m’a dégoûté. Les gens faisaient la publicité de leurs livres, conférences, services… aucune compassion, aucune empathie, aucune sympathie, aucune grâce, même pas du bout de leurs lèvres alors qu’ils se faisaient leurs propres publicités. Ça m’a rendu malade. J’avais tellement de répulsion face à un tel manque de sensibilité pour être capable de le contenir tout au long de la journée. Ça allait bien au-delà de toute imagination. Et depuis que Donald Trump a été élu président, Dieu seul sait le degré de stupidités entendues de tous les côtés possibles, de dépeindre la femme comme un objet sexuel à accrocher au mur, à l’interdiction des réfugiés, les blagues assassines, jusqu’à parler publiquement de bombarder la maison blanche. La rhétorique politique et sociale est maintenant trop monstrueusement dépravée de sens pour simplement être vue comme ridiculement pathétique; c’est hideux.

En fait, après les horribles événements qui se sont déroulés à Istanbul lors du réveillon du Nouvel An, je me suis promis d’arrêter d’écrire à propos de ces tragédies. Quand les mots ne sont pas suffisants pour partager la vraie dimension de mes sentiments, je préfère laisser les autres qui ont encore assez de force pour le faire. Mais après avoir reçu tellement de messages d’amis de partout dans le monde, de différentes cultures, religions ou de différentes sphères sociales, économiques et politiques, j’ai réalisé encore plus que ce n’est pas ma faiblesse ni ma confusion ou mes doutes que je dois craindre mais le silence… Le vrai sérum contre tout ce qui mène à ou nourrit l’amertume, la tristesse et la haine reste notre désir de rester invitants, accueillants comme nous le sommes, de continuer de prendre une chance…

Alors que j’écris, je suis tout autant confus qu’avant, si ce n’est plus encore. Je me sens toujours impuissant, dégoûté par tout ça. Mais c’est ce qu’un ami proche du Maroc m’a écrit récemment qui ne cesse de vibrer dans mon coeur aujourd’hui. “C’est ok d’être découragé, confus ou même d’avoir peur. Nous le sommes tous. L’amour, la paix, le monde… rien n’est cause perdue tant que ça nous importe. Tant que ça nous importe, il y aura toujours de l’espoir, mon ami. Continue ton chemin et souviens-toi, quand tu es découragé et que tu veux abandonner, qu’il y a des gens comme moi qui se soucient de toi, pour qui tu comptes.”

Et je ne cesse de murmurer “tout va bien aller” et je ne cesse de me demander “comment je le sais ?”. Peut-être bien que c’est parce que je suis un sur des millions qui s’en soucient que je sais que ça va bien aller. Merci pour vos messages et de m’accueillir comme vous le faites. Ma famille, mes êtres chers et moi-même sommes en sécurité. Le monde peut sembler tomber de plus en plus dans l’obscurantisme du noir et blanc, mais je sais que les couleurs que je pensais perdues sont conservées précieusement dans vos mains généreuses et ouvertes, mes chers frères, soeurs et êtres chers… Continuons de briller !!!

Traduit de la version originale anglaise par Juliette

Quand la liberté est un lieu dans le temps

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Publié initialement dans le magazine japonais BEEAST

« Je suis désormais convaincu que Tanger est un endroit où le passé et le présent existe simultanément à des degrés proportionnels où, à une journée emplie de vie est ajoutée une profondeur supplémentaire de réalité due à la présence d’une veille tout aussi vivante. À Tanger, le passé est une réalité physique aussi perceptible que la lumière du soleil. » – Paul Bowles – 1958 – The Worlds Of Tangier 

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Il y a des moments dans la vie qui sont si incroyablement significatifs, dont l’impact est tellement profond, purement réel et authentique, à tel point qu’il est difficile d’en saisir la véritable nature, de pouvoir en capturer l’essence, alors que ceux-ci semblent être complètement éloignés des lois tangibles de ce que nous appelons « réalité », de tous les éléments dont nous avons besoin pour définir en mots non seulement leur sens, mais pour croire en leur authenticité afin de rassurer notre perspective logique face à ce flot d’émotions contenu dans notre totale incertitude affective, pour construire une nouvelle couche de vie basée sur des moments si significatifs, comme si définir les merveilles que nous ne pouvons pas vraiment comprendre avait cette aptitude à leur donner une certaine réalité, suffisamment tangible pour reconnaître leur existence et par conséquent leur effet transformateur sur nous. Eh bien, c’est comme ça que je peux décrire ce que j’ai vécu pendant mon séjour à Tanger; une éblouissante réverbération de soi.

Exil de moi-même

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Publié initialement dans le magazine japonais BEEAST

« Si vous voulez être heureux, soyez-le » – Tolstoï

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Je suis présentement au Maroc, depuis seulement 2 jours dans ce qui se doit d’être une résidence de 8 semaines dans la très inspirante ville de Tanger. Je bois un verre de vin rouge sur le toit de la terrasse du Dar Nour, une magnifique maison d’hôte dans laquelle je vis actuellement, un endroit que j’appelle déjà maison. Au coeur de la kasbah de Tanger, je fais face au soleil nord-africain qui brûle en offrant généreusement un dernier portrait de ses lumières, brillantes et vives, avant de doucement se coucher dans un mouvement empli de poésie. Le vent caresse doucement la surface de mon visage, une brise fraîche venant de l’océan, reflétant le bleu pur du ciel, miroir du monde qui danse sans cesse à seulement quelques pas d’où je me trouve. Le décor parfait révèle les charmes attrayants de l’Espagne, m’invitant encore et encore à travers le son de l’océan… Trop beau pour le nier, trop délicat pour le refuser, trop désirable pour le refuser.

Une fois de plus

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EN RÉPONSE AUX ATTENTATS DE NICE

« Une fois de plus »… Alors que la haine ne cesse de semer terreur et horreur sur l’implacable monstruosité définissant son parcours, nous avons peine à voir le moment où ces ignobles atrocités ne s’avèreront que le douloureux souvenir d’une époque sans amour et sans couleur.

« Une fois de plus »… Alors que le monde se divise sur la dichotomie des slogans, que l’effroi des images devient le combat de l’audimat médiatique de masse et que le terme « matter » devient le reflet de la politique de récupération éhontée de groupes où figure à leur distordant agenda l’antagonisme des cultures.

« Une fois de plus »… On nous frappe, on nous fauche, on nous dépouille, on nous divise, on nous radicalise, on nous isole, on nous fait peur… mais surtout, on nous déshumanise.

« Une fois de plus »… Toujours une fois de trop. Toujours aussi insoutenable. Inacceptable fait, presque fataliste expression semblant vouloir dire : “Que puis-je y faire ? Qu’y a t-il véritablement à faire ?”

Toutefois, « une fois de plus » a le pouvoir de nous rappeler, bien qu’avec une innommable et profonde désolation, que nous sommes toujours à nous tenir debout, chambranlants, soit, fragiles, mais unis devant la ténébreuse brèche de la haine.

« Une fois de plus »… Puissions-nous avoir la force de demeurer lumière face à la sombre abjection de la haine, croyant que c’est à travers notre foi en la vie et en l’amour que nous triompherons de l’apathie, de l’inimitié et de la malveillance.

« Une fois de plus »… Aussi difficile puisse-t-il s’avérer de résister à nos propres ténèbres et à devenir ombre à notre tour, ayons foi qu’un jour, espérons-le, à l’horizon de nos convictions humaines les plus profondes, nous verrons l’expression « une fois de plus » s’avérer être le reflet d’une journée où nous pourrons nous réunir et célébrer, libres de l’angoisse semée par l’épouvante de « l’autre ». Et ce sera une magnifique journée sur laquelle nous pourrons construire tous ensemble, sans exception…

Or, aujourd’hui, je dois me résoudre à vous offrir mes pensées, mes prières, mon réconfort. Mes frères, sœurs, amis et connaissances, sachant que bien que mes mots ne peuvent soulager vos douleurs, voire véritablement vous réconforter, je ne peux me résoudre à ne vous exprimer mon affection la plus sincère et mon inconditionnel amour… car bien que différent, c’est cet amour qui nous unit, nous reconstruit… « Une fois de plus »

– Alex

Louange et Ascension en Libre Mouvance

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Publié initialement dans le magazine japonais BEEAST

« Tout créateur expérimente péniblement le gouffre qu’il peut y avoir entre sa vision intérieure et l’expression ultime de celle-ci. »*
– Isaac Bashevis Singer

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J’ai quitté Montréal alors que l’aube prenait doucement la forme de couleurs éclatantes et magnifiques d’une journée insinuant doucement ses lumières à travers l’obscurité dont les teintes nocturnes s’évanouissaient, passant du violet au bleu jusqu’à l’orange. Ce lumineux canevas fait de vives teintes donnait à l’horizon l’aspect d’un ciel de velours réconfortant, tel un miracle, spectaculaire exposition de splendeurs tellement radieuses que tu comprends alors à quel point tu es béni de les voir, de te perdre en elles; souhaitant avoir eu assez de foi pour suspendre le temps et qu’il cesse de changer si rapidement, espérant que ces images restent, en pleine contemplation que j’étais, ne serait-ce que pour un instant.

Une Invitation à Renaître

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Publié initialement dans le magazine japonais BEEAST

L’artiste, poète et écrivain libano-américain Khalil Gibran a dit : “Nous choisissons nos joies et nos peines bien avant de les éprouver.” (Référence : Le sable et l’écume (1926)). Faisons-nous tous ça ? Peut-être que oui… Est-ce que moi-même je le fais ? Peut-être que oui.

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J’ai grandement attendu que le printemps déploie ses merveilles, cette année plus que jamais auparavant je crois. Peut-être que c’est parce que je n’ai pas beaucoup vu la lumière depuis que je suis revenu du Japon en novembre dernier. Tout passe tellement vite, trop vite pour que j’aie le temps de vraiment voir, tel un témoin passif essayant de capturer une vision furtive des magnifiques couleurs de la saison dans laquelle je me trouve. Peut-être que j’ai perdu la notion du temps, méditant sur l’essence éternelle de l’invisible. À force de méditer sur des fantômes depuis longtemps disparus, la tristesse grandit en toi. Comme les ombres qui te poursuivent, si tu es prêt à devenir toi-même l’ombre de ces fantômes depuis longtemps disparus un peu plus à chaque fois que tu recherches les pièces manquantes de tes souvenirs, les illusions prennent inévitablement le dessus sur toi… jusqu’à ce que tu te perdes.

Alors, quand les journées sont semblables à de vieilles photographies perdant doucement de leur éclat tout au long de nuits surexposées, passées à chercher un endroit où trouver le repos, quand des images réconfortantes devant lesquelles nous nous mettons volontiers à genoux et la réminiscence des murmures joyeux d’autrefois sont tout ce que nous avons pour nous sentir encore en vie, est-ce le reflet de notre propre nature éphémère qui fait de chaque matin un moment encore plus précieux nous permettant de respirer ? Alors que nous nous évanouissons, alors que nous disparaissons un peu plus chaque jour, alors que nous nous battons pour garder un certain équilibre entre ce qui est et ce que nous rêvons de devenir, je crois maintenant que chaque aube est un cadeau, une invitation à renaître, une porte ouverte pour un nouveau départ.

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