Archives de l’auteur

ahf-live-lavender-promo-official-web_square

En direct de The Upper Room Studio le 14 juin

-     -

En direct du Upper Room Studio où je suis confiné avec mon groupe, je vous invite à une diffusion en direct pendant laquelle nous allons jouer la chanson Lavender Sky, mon prochain single. Présentée par Orange Blossom Special Festival, la diffusion commencera à 9h, heure du Québec (15h, heure de France) le 14 juin.

De plus, pour la toute première fois, nous allons faire un enregistrement direct sur vinyle avec ce concert ! À chaque fois que je sors un single, c’est devenu une tradition pour moi de sortir en même temps un vinyle en édition limitée avec impression en sérigraphie… et cette fois ne fera pas exception.

ahf-summer-tour-2021-poster-square

Annoncé à l’instant : Tournée européenne à l’été 2021

-     -

C’est une annonce douce-amère en quelque sorte, mais ma tournée européenne initialement prévue en mai-juin de cette année vient d’être reportée à l’été 2021, pour la sécurité publique et par souci du bien-être de tous. La bonne nouvelle est que plus de dates viennent d’être annoncées et que d’autres le seront bientôt !

La plupart des billets sont déjà disponibles alors assurez-vous de prendre les vôtres dès maintenant ! Si vous aviez déjà vos billets pour les concerts de 2020, ils seront valables pour les concerts de 2021. Pour toutes questions ou informations supplémentaires, vous pouvez contacter les salles directement.

Achetez vos billets

ahf_veil_front_green-OFFICIAL-smaller

“Windows in the Sky” maintenant disponible mondialement !

-     -

Mon album “Windows in the Sky” est maintenant disponible partout dans le monde. Vous pouvez l’écouter sur toutes les plateformes de streaming, peu importe où vous vous trouvez dans le monde. Je suis très heureux de pouvoir partager cet album tellement intime avec vous tous.

Il est aussi disponible en CD et vinyle sur ma boutique en ligne si vous préférez ces formats !

Écoutez / Achetez l’album

ahf-live-promo-nomination-galas-adisq_square

30 minutes avec Alex Henry Foster, présenté par ADISQ

-     -

Ce mercredi 29 avril à 16h, heure du Québec (22h, heure de France), je vais être en direct sur la page Facebook de l’ADISQ pour la diffusion d’une courte entrevue et une répétition en vue de la sortie internationale de mon album ce vendredi 1er mai. L’album, déjà sorti au Canada, a été nommé par l’ADISQ comme un des meilleurs albums anglophones de l’année en 2019.

Obtenez un rappel

ahf-live-may-1-promo_sqaure

Rejoignez-moi pour 60 minutes de musique en direct !

-     -

Comme vous devez déjà le savoir, mon album “Windows in the Sky” va sortir partout dans le monde le 1er mai. Et je voulais en profiter pour célébrer ce moment avec vous tous. C’est pour ça que j’ai décidé de faire une diffusion en direct, qui aura lieu sur ma page Facebook le 1er mai à 9h, heure du Québec (15h, heure de France). Préparez-vous à 60 minutes de musique en direct !

On se voit bientôt !

Aimez Prog Magazine sur Facebook

tUmJQR7oTRTPeBVJq6H4bb-1024-80

Alex Henry Foster : « Cet album fut libérateur pour moi »

-     -

PUBLIÉ INITIALEMENT DANS Guitar World

Lisez l’article original ici

Nous avons rencontré le chanteur de Your Favorite Enemies pour parler de son premier album solo ésotérique, Windows in the Sky.

Suivant la disparition de son père décédé d’un cancer en 2016, Alex Henry Foster a placé son projet principal, les rockers cultes canadiens de Your Favorite Enemies en pause, et est parti pour Tanger, au Maroc. Au moment de son retour au Canada, lui et les membres de son groupe avaient enregistré son premier album solo, un mélange cathartique de post-rock et noise-rock, loin de tout ce que le groupe avait fait auparavant.

Your Favorite Enemies a tourné partout dans le monde, mais le groupe est plus connu dans leur pays d’origine, le Canada, pour leur rock alternatif très punchy. Dans leur dernier album, ils ont incorporé plus d’éléments shoegaze et post-rock, tout en portant une attention plus particulière à la conception sonore et la superposition dans leur production. Même ainsi, les chansons et leur présentation avaient une endurance calculée et un éclat qui a été mis de côté pour le nouveau projet d’Alex.

Guitar World a discuté avec Alex et les deux frères Sef et Ben Lemelin en tournée européenne pour soutenir Windows in the Sky, qui les a amenés à tourner avec le groupe noise-rock américain légendaire qu’est …And You Will Know Us By The Trail of Dead.

Tout d’abord, pourquoi Tanger, et comment l’album a pris vie là-bas ?

Je suis allé là-bas avec pour seule intention d’écrire. Après ça, ce qui était supposé n’être que deux mois d’isolement est devenu comme, eh bien, c’est devenu deux ans. Quand tout semblait démontrer que j’allais m’installer ici, je parlais avec Ben [Lemelin]… et petit à petit, nous avons commencé à trouver un endroit que nous avons transformé en studio.

Nous avions Pro Tools, mais sinon juste l’équipement minimal de base, alors nous devions être plus créatifs, plutôt que de seulement nous fier aux gadgets et tout ce que nous avons dans notre studio habituel, qui est une église que nous avons transformée en studio professionnel.

C’est un studio à la pointe de la technologie, alors nous étions toujours dans un endroit où je pouvais me reposer sur les choses dont j’avais besoin pour enregistrer, et [je voulais] m’assurer que tout dépendait de l’honnêteté du moment, parce que je voulais que l’album soit à propos de l’urgence de l’émotion.

Alors est-ce que l’album fut surtout enregistré live là-bas directement ? Il n’était pas question de le terminer au Canada ?

Je ne me faisais pas confiance de revenir en studio après et tout refaire.

Quel genre d’équipement aviez-vous avec vous ? Une guitare acoustique et une guitare électrique je présume ?

J’avais un peu plus d’équipement que juste une guitare acoustique. Nous avions tous différents niveaux de minimum. Pour moi c’était très important, parce que beaucoup de choses étaient enregistrées en direct, dans les conditions du direct, et je ne voulais pas revenir là-dessus et faire des overdubs, comme nous le faisions avec mon groupe précédent, Your Favorite Enemies

Comme nous avions le studio, c’était un processus sans fin de [gérer] tous les petits détails, toutes les petites choses. Tu arrives à un point où tu travailles sur des choses tellement longtemps que tu dois revenir sur la première version car à la fin du processus, ça ne semblait pas pareil.

Comment a marché le processus de l’écriture, et comment as-tu procédé pour l’enregistrement ?

Comme l’album était très personnel et intime, je voulais qu’il passe d’une chanson à l’autre [en douceur], alors j’ai travaillé sur les chansons dans le même ordre qu’elles sont sur l’album. C’était plus un voyage émotionnel… Je ne recherchais pas une sorte de déclaration artistique – je voulais vraiment capturer l’essence du moment.

Il y a beaucoup de couches différentes dans l’album. Tu as déjà dit que les overdubs étaient quelque chose que tu avais essayé pour minimiser ou éliminer, alors comment as-tu procédé ?

C’était le plus grand défi je crois, parce que comme je viens d’un groupe avec beaucoup de gros sons de guitare et une sorte d’approche vraiment directe, j’ai dû faire confiance à mon instinct, plutôt que d’essayer de trouver ces riffs avant de continuer. Je voulais vraiment trouver un équilibre entre tous les petits éléments, un peu comme quand tu as une toile, et tu dois ensuite y mettre toutes les couleurs. Ensuite tu es capable d’avoir une certaine perspective.

Alors que nous parcourions tout ça, certaines couleurs étaient plus vives, puis lentement tu es capable de voir toutes les différentes textures autour. C’est très instinctif, alors autant que possible pendant le processus, je pouvais ajouter différentes guitares, différentes tonalités, différents amplis – même si je n’avais pas beaucoup de matériel, je pouvais me fier à ce que je voulais entendre, plutôt que de simplement faire une sorte de déclaration sonore.

Autre que l’emplacement et ton équipement, y a-t-il eu d’autres choses différentes au sujet de tes influences sur cet album ?

Je suis revenu à mes influences, ce qui m’a vraiment attiré vers la musique, des artistes tels que Branca, Sonic Youth, le Swans d’autrefois, tous ces groupes qui sont plus dans les textures et qui utilisent ces instruments comme des outils pour porter leurs émotions plutôt que d’essayer de trouver un riff cool.

Y a-t-il eu un équipement spécifique sur lequel vous vous êtes appuyés ?

Quelques guitares différentes, c’était la chose principale, c’était fondamental. J’avais quelques Jazzmasters, [et] une tenor Eastwood quatre cordes alors j’étais en mesure d’ajouter différentes textures. Ce que je cherchais, ce n’était pas vraiment ce que les autres faisaient, c’était trouver l’équilibre entre tous ces instruments.

Si tu as toujours le même type d’instruments et que tu es très fidèle, comme nous le faisions auparavant, [en disant] « D’accord, nous sommes un groupe Fender Jazzmaster » – c’était une sorte de déclaration. Pour ce disque, c’était vraiment comme prendre un instrument et voir ce qui complétait les autres que j’avais… Je faisais confiance à mes oreilles plutôt qu’à ce que je pensais devoir faire.

Comment cette conception sonore s’est-elle exprimée ? Au stade de la composition ? L’enregistrement ? Le mixage ? Les trois ?

Je voulais vraiment m’assurer que ce n’était pas seulement un mur de son. Il est très facile de tout mettre, tu sais, à 10, d’appuyer sur une pédale et tout à coup, tu te sens comme si tu es le roi du monde, mais rien ne se passe vraiment. C’était donc le plus gros défi après, car surtout à Tanger nous avions un petit espace et nous étions près d’une mosquée, donc cinq fois par jour [il y avait l’appel à la prière]… nous étions aussi au coin d’un très rue animée, donc il y a beaucoup de vie qui se passe autour.

Je voulais que ça fasse partie de la musique aussi, [et] parfois si tu mets tes écouteurs, tu peux entendre ces petits bruits étranges que tu ne reconnais pas trop. Ça faisait vraiment partie de l’environnement dans lequel nous étions.

Alors je voulais que les gars impliqués dans le projet soient dans l’environnement où je me trouvais quand j’ai tout écrit, alors plutôt que de juste venir et jouer leurs sections, il y a eu beaucoup de moments où ils ont dû s’écouter, d’une certaine manière, plutôt que de jouer juste très fort. C’est comme ça que nous avons réussi à mixer toutes les couches en un son.

Ça fait du sens. Comment as-tu orchestré les joueurs du groupe en jouant toi-même ?

Sef [Lemelin] est un sorcier avec toutes les pédales et tout, et je ne voulais pas qu’il se perde dans les techniques cette fois. C’était donc une autre chose – je voulais qu’il se déshabille en quelque sorte de son équipement et toutes les ressources qu’il utilisait habituellement juste pour s’assurer que nous ne nous perdions pas dans tous les trucs funky.

Donc ça a été libérateur pour moi… le plus important, c’était les chansons et non la performance. Parfois, vous pouvez être un musicien incroyable mais c’est très stérile. Vous ne ressentez rien. Bien sûr, vous pouvez aller très vite, et c’est génial, mais cette chose peut-elle me faire ressentir quelque chose, autre que ‘wow’ ?

En terme d’amplis, avec quoi avez-vous travaillé ?

Sef Lemelin: Un Fender Super Reverb et un Orange Rocker 30, juste le combo.

Alors des amplis classiques de concert ? Pas étonnant que ce ne soit pas des Marshall stacks.

Lemelin: Si nous avions utilisé des full stacks, 4×12, le voisinage n’aurait pas accepté !

Et bien sûr, il y a la guitare ténor d’Alex – il y avait quoi d’autre ?

Foster: Nous avions la guitare ténor, une [Eastwood] Mando-stang…

Lemelin: [Faisant le décompte] Une Troy Van Leuwen Jazzmaster, une Duesenberg Starplayer TV…

Vous aviez la guitare ténor pour les aigus – y avait-il d’autres guitares à gamme étendue ?

Lemelin: Oui, nous avions une Eastwood bass VI. Ce qui est cool avec ce genre de basse est que tu peux jouer les mêmes accords qu’avec une six cordes et le son est riche. Sur The Hunter, la ligne de basse est faite avec une basse VI.

C’est cool. Comme c’est un projet assez différent, vous êtes-vous retrouvés à utiliser différentes échelles ou différents modes en jouant ?

Lemelin: Nous avons commencé à explorer différentes échelles et modes, car les échelles majeur-mineur que nous utilisions dans l’autre groupe n’étaient pas tout à fait suffisantes pour décrire des émotions et des concepts complexes. La dissonance que nous avons beaucoup utilisée, parce que nous avons réalisé qu’Alex aimait vraiment ça pendant les répétitions, mais aussi le [Phrygian] et beaucoup de Dorian aussi, ce qui pour nous est plus utilisé pour une bande-son.

Dernière question – Qu’est-ce que tu aimes dans la musique ?

Foster: La liberté, c’est la liberté que j’aime. L’idée de créer quelque chose à partir de l’invisible et ensuite, dans une étincelle pouvoir créer quelque chose que tu peux partager avec les autres, qui t’émeut tout comme de le communiquer avec les autres.

Windows in the Sky sortira le 1er mai sur Hopeful Tragedy Records et est disponible en pré-vente maintenant.

ALEX LYNHAM
8 Avril, 2020

62650562_12417851b957db-9395-4fe2-9016-9c4064e25fbc_ORIGINAL

Alex Henry Foster: sa liste de lecture commentée

-     -

PUBLIÉ INITIALEMENT DANS Le Journal de Montréal / Le Journal de Québec

Lisez l’article original ici

L’ADISQ a profité de la période de confinement pour demander à une vingtaine d’artistes québécois de confectionner des listes de lecture accessibles sur Spotify et Apple Music. Seule règle : contenir au moins 65 % de chansons en français et 35 % de contenu canadien. Chanteur du groupe rock alternatif Your Favorite Enemies, et artiste solo, Alex Henry Foster s’est prêté au jeu et a accepté de discuter de ses choix avec Le Journal.

J’aimerais d’abord te remercier. Ça devait faire deux éternités que je n’avais pas écouté du Me Mom & Morgentaler.

«(rires) C’était tout un défi pour moi, qui évolue dans une culture anglo-saxonne, de trouver de la musique francophone. L’exercice m’a permis de redécouvrir des affaires. Retrouver Me Mom & Morgentaler m’a rappelé que je manquais l’école pour les suivre. »

Ferré, Gainsbourg, Bashung, Fontaine, tu as aussi des grandes voix de la France dans ta sélection.

«Oui et c’est dû au fait que la musique a fait partie de mon enfance. Comme nous venions d’un milieu très humble, dans des quartiers difficiles, mes parents se sont servis de la musique pour me faire voyager, pour me montrer que c’était possible de rêver. Mon père m’a fait découvrir du Led Zep mais du côté de ma mère, il y avait beaucoup de grandes chansons françaises. Bashung, ça jouait à la maison. Ma mère était en amour avec Gainsbourg.»

Durant cette période de crise où on se replie vers la nation, penses-tu que d’autres comme toi vont redécouvrir le répertoire francophone?

«C’est une très bonne question et je me la pose aussi. Je ne sais pas si les gens vont retourner vers la musique francophone comme moi. Nous sommes quand même dans un village global et, à mon avis, les gens vont plutôt retourner vers des chansons qui leur font du bien.»

Je trouve que tu as été astucieux d’insérer des chansons en français d’Iggy Pop et Placebo. Pour respecter le quota franco?

«(rires) Je voulais surtout y insérer des trucs que j’aime et d’autres que les gens ne connaissaient pas. Peut-être que les gens ne savaient pas que Placebo avait fait une toune en français.»

Moi le premier. J’ai beaucoup écouté Placebo il y a une vingtaine d’années mais cet album de B-Sides paru en 2016 m’avait passé sous le nez…

«Brian Molko (le chanteur) vit en France et il parle très, très bien français. Il a un intérêt profond pour la langue française. Même chose pour Iggy Pop. Des artistes comme Léo Ferré, Serge Gainsbourg ou Brigitte Fontaine ont un impact beaucoup plus profond qu’on pense, en tout cas vu du Québec, sur les artistes américains ou anglais issus des milieux alternatifs ou d’avant-garde.»

Je regarde ta liste, Tout le monde est triste, La vie est laide : c’est le mot à la mode présentement mais je trouve qu’une partie de ta sélection est anxiogène. C’était voulu?

«C’est juste le plus grand des adons. C’est drôle que tu dises ça, je n’avais même pas remarqué. Je parle de retourner dans un état de bien-être et se faire du bien puis je réalise que beaucoup de titres ne sont pas tellement hop la joie. Or, c’est ce qui me plaît, c’est ce que je consomme comme musique et ce que j’avais envie de partager. Mais j’ai quand même Les Rita Mitsouko, Amadou & Mariam…»

Même ta chanson de Placebo commence par «C’est le malaise du moment, l’épidémie qui s’étend.» Tu es pile dessus.

«On dirait que ce qui se passe a eu un impact sur moi. On dirait que ce qu’on consomme déclenche des prises de conscience. Personnellement, je suis un malade de Camus depuis le secondaire. Là, il revient à la mode à cause de son livre La peste. On dirait que même si tu veux te nourrir de quelque chose de positif, la nature humaine fait en sorte que tu as le désir de le vivre et la musique, je trouve, est l’extension de tes réflexions.»

Je constate aussi que le gars de progressif en toi s’est fait plaisir. Tu as une toune de 16 minutes de Godspeed You! Black Emperor et une autre de 19 minutes de Sonic Youth. En partant, ta liste dure presque quarante minutes juste avec ces deux titres.

«(rires) En effet et je me suis retenu parce qu’elle aurait pu durer encore plus longtemps. C’est plaisant parce qu’il y a des gens qui n’ont aucune idée c’est qui Godspeed. Un jour, je jouais à Manchester, et je parlais de la scène montréalaise. Spontanément, les gens se sont mis à lancer des noms d’artistes populaires canadiens et québécois qui ne sont pas nécessairement de la même scène musicale que moi. À un moment donné, j’ai dit : je sors mon joker, c’est Godspeed You! Black Emperor. Vous pouvez avoir tous les autres artistes vingt fois, ça n’équivaudra jamais à ce band.»

Je veux te parler de deux autres chansons de ta liste. Texas Sun, d’abord, de Khruangbin et Leon Bridges. Une belle découverte. C’est sorti tout récemment et je n’avais pas encore écouté.

«C’est le plaisir d’être sur la route et de rencontrer plein de musiciens. Eux viennent d’Austin où j’ai séjourné souvent et je compte plein d’amis musiciens. J’avais envie de partager des choses qui passent sous le radar pour que les gens puissent ensuite retourner en arrière découvrir ce qui a façonné ces artistes à travers leurs autres projets. Qui connaît Tinariwen? C’est pourtant la figure de proue d’une scène beaucoup plus large de la musique arabe. Même chose plus proche de chez nous. Stefie Shock? Il vient de sortir un album. Il y a des trucs qui ne sont pas du tout grand public mais que les gens peuvent apprécier quand même. C’est quoi ta deuxième toune?»

Je veux que tu me parles d’Ordinaire. C’est ma chanson préférée de Charlebois.

«Tu vois, d’aussi loin que je me souvienne, Charlebois a joué en boucle chez moi. Ça peut avoir l’air prétentieux ou ridicule mais quand j’ai eu un gros breakdown avec Your Favorite Enemies, je sentais que je devais constamment revêtir le même costume pour aller faire le même tour de piste. Aller divertir des gens qui, au final, sont là pour te voir faire le chien savant. Durant les deux ans que j’ai passés ensuite à Tanger, j’ai redécouvert cette chanson. Je trouvais que ça révélait de façon tellement honnête et simple ce que je ressentais et que je ne voulais pas admettre. Ni admettre aux autres.»

*Your Favorite Enemies a lancé l’album The Early Days le 31 janvier.

*Alex revient tout juste d’une tournée européenne qu’il a pu compléter juste avant que la pandémie soit déclarée.

*Il fera un Facebook Live, dimanche, à midi, pour parler du livre-documentaire à propos des trois premières années du groupe, The Evidence of Things Unseen.

LA LISTE D’ALEX HENRY FOSTER

  • The Dead Flag Blues, Godspeed You! Black Emperor
  • Everybody Knows, Leonard Cohen
  • Les feuilles mortes, Iggy Pop
  • Nànnuflày, Tinariwen
  • Sénégal Fast Food, Amadou & Mariam
  • Jésus Christ mon amour, Katerine
  • Avec le temps, Léo Ferré
  • Tourne encore, Salomé Leclerc
  • The Diamond Sea, Sonic Youth
  • Texas Sun, Khruangbin et Leon Bridges
  • Ordinaire, Robert Charlebois
  • La nuit je mens, Alain Bashung
  • La vie est laide, Jean Leloup
  • Tout le monde est triste, Stefie Shock
  • Marcia Baïla, Les Rita Mitsouko
  • Heloise, Me Mom and Morgentaler
  • Honey Bee (Let’s Fly to Mars), Grinderman
  • Viêt-Nam Laos Cambodge, Bérurier Noir
  • Le vent nous portera, Noir Désir
  • Je suis venu te dire que je m’en vais, Serge Gainsbourg
  • Demie clocharde, Brigitte Fontaine
  • Tangerine, Christophe & Alan Vega
  • 2020, Sunns
  • Protège-moi, Placebo
  • Vert, Harmonium

CÉDRIC BÉLANGER
5 Avril, 2020

Alex-Foster

Vidéo exclusive pour Qetic ! Le chanteur de Your Favorite Enemies, Alex Henry Foster, sort son premier album solo au Japon.

-     -

PUBLIÉ INITIALEMENT DANS Qetic Magazine

Article original disponible seulement au Japon

Formé en 2006 à Montréal, Canada, le groupe Your Favorite Enemies a connu une popularité grandissante au Japon, a tourné avec Simple Plan en 2008 et a même participé à la bande sonore du jeu vidéo “Dissidia Final Fantasy”. Allant du indie rock au hard rock, leur son est basé sur différents éléments, est émotionnel et expérimental à la fois, mais l’élément le plus important – encore à ce jour – reste qui ils sont. Le chanteur du groupe, Alex Henry Foster, vient de sortir son premier album solo, “Windows in the Sky”. L’album parcourt les émotions qu’il ne parvenait pas à exprimer avant, ses insécurités et ses combats à travers une poésie récitée délivrée par une voix époustouflante sur une bande sonore dramatique du groupe. Son album a généré beaucoup de réactions et a atteint les tops des palmarès de vente numérique au Canada, parmi Muse, Imagine Dragons, Lady Gaga et Queen. Dans le message vidéo qui suit, il parle de cet album et aussi du Japon, qui l’a beaucoup inspiré, autant professionnellement que personnellement !

Le Japon est la maison de mon coeur

Tu as déjà visité le Japon plusieurs fois, pas vrai ?

Avant, j’allais au Japon plusieurs fois par an, mais ces dernières années, ça a été juste une seule fois par an. À chaque fois que je viens par contre, ça me fait penser à ce que j’ai fait jusqu’à maintenant, ça me fait réfléchir sur mes actions en quelque sorte. Je ressens comme une sorte d’effet purgatif dans qui je suis.

Est-ce que tu dirais que le Japon est comme ta deuxième maison alors ?

Le Japon est la maison de mon coeur. C’est un endroit où je me sens en paix. Alors ça me donne naturellement la possibilité de me concentrer sur ce que je devrais faire.

D’où ça t’est venu ?

C’est surtout à cause des gens. Ma première visite au Japon a eu lieu parce que mes fans japonais m’ont invité à venir. Habituellement, quand ils pensent au Japon, les gens pensent à des néons brillants et la culture. Mais dans mon cas, c’est la chaleur des gens. J’ai été ému d’être accueilli comme si je faisais partie de la famille même si nous nous rencontrions pour la première fois. Malgré la distance entre le Canada et le Japon, c’était la première fois que je vivais un sentiment de familiarité aussi fort.

Comment les fans japonais t’ont-ils contacté ?

À l’époque, il y avait une communauté en ligne qui s’appelait Myspace, où j’ai bien sûr partagé ma musique. Mais j’ai aussi écrit des blogs personnels, dont certains parlaient de désespoir et des aspects sombres de ma vie. Les Japonais qui les lisaient ont beaucoup réagi face à ces blogs.

La musique me faisait sentir que je n’étais pas seul

Alors pour toi, la musique proviendrait de ce désespoir et de ce genre d’émotions négatives ?

Eh bien, oui. Je créais des sons et des mélodies qui exprimait ce que je ressentais intérieurement mais que je ne pouvais pas sortir dans la vie de tous les jours. La musique fut une façon de m’exprimer alors je n’ai jamais pensé que je gagnerais ma vie avec ça.

Qu’est-ce qui t’inspire quand tu crées de la musique ?

Quand j’étais enfant, je déménageais toujours d’un endroit à un autre à cause de la situation modeste de ma famille, alors c’était difficile de se faire des amis. Le seul salut pour moi était à travers la musique et les livres. Là-dedans, j’ai trouvé tellement d’émotions que je ne parvenais pas à mettre en mot autrement. Ça m’a aussi appris que je n’étais pas le seul.

Et tu as formé le groupe Your Favorite Enemies en 2006. Comment tout ça a commencé ?

À l’époque, j’étudiais le travail social à l’université mais je travaillais en même temps pour soutenir les immigrants qui ne parlaient pas beaucoup anglais. Sef est venu là comme assistant. Il jouait déjà de la guitare, mais il m’a dit qu’il n’avait jamais vraiment joué avec personne avant, alors nous avons décidé de jouer ensemble. Nous avons invité le frère cadet de Sef, Ben, comme bassiste et nous avons formé le groupe. Les deux aimaient beaucoup le métal alors que moi j’aimais plus des groupes comme Sonic Youth, ou d’autres groupes plus indépendants. Nos intérêts étaient très différents mais notre passion pour la musique était la même. Et nous nous respections alors le mur entre nous est vite tombé et je savais que notre relation était de celle qui allait durer très longtemps. Et en effet, notre relation est devenue encore plus profonde et nous sommes maintenant comme une famille.

Your Favorite Enemies “The Early Days – Evolving in Reversal Frames (Anthology 2006-2009)”

En tant que groupe, vous avez fait beaucoup de hits et vous avez de plus en plus de fans partout dans le monde. Mais tu as commencé un projet solo en 2018.

Après avoir formé le groupe, nous étions honoré de recevoir tellement d’offres de tournées et autres concerts. Nous étions très occupés mais à un certain moment, j’ai commencé à me demander “Qu’est-ce qui est vraiment important pour moi ?” Et j’ai réalisé que j’avais peur en quelque sorte de penser à ça [avant de commencer mon projet solo]. Et ensuite, mon père est décédé, ajoutant au fait que j’étais déjà épuisé émotionnellement et physiquement. J’ai décidé de prendre un temps à part sans le groupe et je suis parti au Maroc seul. Beaucoup de musiciens et de poètes que j’aime sont allés au Maroc et elle (la ville de Tanger) a servi de tremplin pour eux d’aller de l’avant, alors j’ai pensé que, peut-être, je pourrais y gagner quelque chose. La langue et la culture étaient différentes de tout ce que j’avais connu avant, mais il y avait tellement de stimulation chaque jour que le plan de rester pendant quelques semaines est devenu 1 mois, 6 mois et éventuellement 1 an. La musique est devenue ma façon d’exprimer ce qui grandissait en moi. Et je suis devenu curieux de la chimie qui pourrait naître si je composais avec les membres du groupe, alors je les ai invités et nous avons commencé à enregistrer, et l’album est né naturellement.

Le premier album solo accompli en surmontant la “douleur”.

Et tu as fait ton premier album solo, “Windows in the Sky”, qui est devenu n°1 dans les palmarès de ventes numériques et qui est resté dans le top des palmarès avec Muse, Imagine Dragons et Queen pendant un bon moment.

J’ai créé et sorti cet album parce que j’avais besoin de le faire sans penser à faire un album à succès. Et même s’il devait bien se vendre, je pensais que ça serait grâce aux fans de Your Favorite Enemies. Alors je n’ai fait aucune promotion mais j’ai commencé à recevoir plein de messages sur les médias sociaux. Et j’ai appris que beaucoup de gens pouvaient maintenant voir ce que eux-mêmes avaient vécu à travers la musique. Je suis content d’avoir sorti cet album.

Ton album a une telle profondeur.

Mon père est décédé sans me faire sentir que nous étions liés par le sang. J’ai le sentiment que je n’ai reçu aucune réponse. Et cet album décrit le processus de comment j’ai fait la paix avec ça. De plus, c’est comme un rappel pour moi que je dois accepter mes émotions comme elles sont, même quand elles sont négatives.

Comme c’est un projet solo, y a-t-il eu des différences dans la façon de le créer ?

J’ai exprimé des émotions sombres même avec le groupe, mais c’est juste que je ne pensais pas qu’il était juste de transmettre de telles émotions personnelles. C’est pour ça que je l’ai sorti en album solo, même si nous sommes les mêmes personnes qui jouons ensemble, alors il n’y avait pas tellement de différence dans la façon de créer.

Après un grand enthousiasme au Canada, “Windows in the Sky” sort finalement au Japon. Comment veux-tu que les auditeurs japonais le reçoivent ?

Quand j’écoute la musique que j’aime, je ne veux pas vraiment connaître les explications de l’artiste. Par exemple, j’aime beaucoup l’album “Pornography” de The Cure et beaucoup de gens disent que c’est un album sombre. Mais pour moi, c’est un album rempli de lumière. Comment on comprend quelque chose dépend de chacun, mais si c’est expliqué, nous en limitons les possibilités. Alors je veux que les gens écoutent cet album librement.

“Summertime Departures” music video from the album track

“Summertime Departures/Sometimes I Dream” live video

Les relations avec les fans japonais ont conduit à “l’espoir »

Quel genre de musique recherches-tu maintenant ?

Je veux juste faire de la musique qui est honnête. Si elle est honnête, au-delà de comment les gens l’écoutent, je crois que ça les mènera à quelque chose qui est vrai. Je n’ai aucune ambition d’être une rock star ou quoique ce soit d’autre.

Quel sera l’équilibre entre ton projet solo et le groupe ?

Le groupe et moi ne faisons qu’un. Ils sont définitivement impliqués même quand il s’agit de mes projets solo. Il n’y a personne qui me connaît – dans les bons comme les mauvais côtés – et qui me soutient comme eux le font. La boîte est peut-être différente mais le contenu est le même.

Et qu’en est-il de l’équilibre avec ton travail social ?

Les deux sont essentiels pour moi. Ils sont connectés et ne peuvent être séparés. Je prends action pour dire aux gens dans le monde qu’ils ne sont pas seuls de tant de façons différentes. Mais la musique est la meilleure façon de l’exprimer. Alors je veux maintenir une connexion avec le monde à travers la musique.

Peux-tu nous partager ton impression sur le Japon ?

Je vais peut-être pleurer, ce n’est pas grave ? En fait, j’ai vécu l’expérience la plus émouvante que j’ai jamais vécue au Japon. Comme je l’ai dit au début, je parle depuis longtemps avec des auditeurs japonais sur les réseaux sociaux, et à un moment donné, il y avait une personne dont je n’avais plus aucune nouvelle. Ça arrive parfois sur les médias sociaux alors je n’ai rien fait. Mais un jour, j’ai reçu un message de sa mère me disant qu’il s’était suicidé. Et elle m’a dit qu’elle voulait me rencontrer lors de ma prochaine venue au Japon. Alors j’ai rencontré sa mère, sa famille et ses amis. Ils m’ont demandé « Quel est le pouvoir de la musique ?” « Mon fils semble avoir été encouragé par tes messages mais le choix qu’il a fait fut de quitter ce monde. Et je voulais savoir ce qu’il y avait dans ta musique. » Ça m’a vraiment fait réfléchir sur l’impact que je pouvais avoir avec ma musique. La prochaine fois que nous avons fait un concert au Japon, nous les avons invités sur scène. Nous avons expliqué au public pourquoi ils étaient sur scène. Et ensuite, les gens qui étaient présents les ont accueillis chaleureusement. J’ai pensé que c’était la réponse. J’ai ressenti le pouvoir que la musique a. J’ai compris que les gens avaient traversé beaucoup de choses – comme des tremblements de terre et des tsunamis – mais tout le monde était là, debout. Ce moment a complètement changé ma façon de voir la musique. Ça m’a appris comment c’est important de continuer à faire de la musique honnête et sincère pour moi. Si je n’avais pas vécu cette expérience, je crois que mon album solo ne serait pas sorti. Je peux dire que c’est la racine qui a fait de moi qui je suis aujourd’hui.

« The Hunter (By the Seaside Window) » short movie

Alex Henry Foster exclusive video comment

Bonjour à vous tous au Japon !
Je m’appelle Alex Henry Foster.
Je suis actuellement dans mon studio à Montréal, au Canada.
Je suis très heureux de vous annoncer que je viens de sortir mon album Windows in the Sky au Japon, qui est la première sortie internationale de celui-ci.
C’est un album très spécial pour moi.
Il est très intime. J’y parle de deuil et de désespoir, mais aussi de trouver l’espoir dans des temps de crise, tout comme cette période que nous traversons tous en ce moment.
C’est très spécial pour moi de partager ça avec vous.
Vous pouvez déjà regarder certaines vidéos, comme Shadows of Our Evening Tides, qui a été filmée au Japon, ainsi que Summertime Departures et The Hunter, que je viens tout juste de sortir.
Je suis impatient d’être avec vous tous, que ce soit pour un concert ou d’autres découvertes.
Merci encore à Qetic et à très bientôt !

BLOG D'ALEX

Photos Instagram Récentes

Choisissez votre langue