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Semaine 8: Talking Heads

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“Mes Plaisirs Coupables…” Partie 2

J’ai reçu tellement de chansons et d’histoires incroyables pour la Spotify playlist de la semaine, avec pour thème “Mes Plaisirs Coupables”, les 2 dernières semaines, tantôt drôles tantôt profondes, que ce soit de la part de vieux amis, de gens qui ne veulent pas être identifiés, de gens me demandant plus de détails sur mes histoires personnelles hebdomadaires, jusqu’aux gens qui me disent qu’ils aiment seulement des choses pas cool et génériques, d’autres m’envoyant des artistes qui ne sont pas sur Spotify, et ainsi de suite. Pour moi, tout le monde est bienvenu pour partager, des gens qui considèrent que c’est cool ou pas, ou à quel point la musique qu’ils aiment est underground et expérimentale… Le plus important est ce qui vous touche.

Cette playlist n’est pas à propos de ce qu’Alex trouve cool ou pas… Si c’était le cas, ça serait vraiment ennuyant. Qui veut entendre des playlists réunissant 10, 15, 20 chansons de 30 minutes composées de feedback et avec un mauvais enregistrement ? Pas tant de gens que ça, croyez-moi…! Les membres du groupe me le rappellent à chaque fois qu’ils passent dans le studio : “Alex, dis-nous quand ton traitement thérapeutique fait de feedback sera terminé, on te rejoindra ensuite…” Alors encore une fois, tout est le monde est bienvenu pour partager 😉

Pour moi, recevoir des suggestions de chansons de partout dans le monde est la preuve irréfutable que la musique a cette essence unique et merveilleuse qui nous permet tous non seulement d’exprimer tous types de sentiments mais qui a le pouvoir de nous aider à communier avec les autres comme rien d’autre à quoi j’ai été exposé dans ma vie. Alors, ceci étant dit, voici la playlist “Mes Plaisirs Coupables”, partie 2

Semaine 8
Avec : Talking Heads

Ça a été un peu plus difficile pour moi d’assembler ma playlist cette semaine, la raison étant que je n’ai pas prêté autant attention à la musique que je ne le fais habituellement, ce qui explique aussi pourquoi j’avais moins le moral, je suppose… Mais aussi parce que le mois de mars est un mois très chargé pour moi et les autres membres de Your Favorite Enemies. Alors j’ai hésité à propos du groupe dont je voulais parler, je suis devenu plus attentif face à ce que j’allais partager (l’aspect vouloir être cool étant présent…!) et j’ai envoyé mes textes en traduction (oui, nous faisons traduire les publications par de vraies personnes :)), en retard sur mon délai habituel… Ce n’est qu’aujourd’hui, lundi, en fin d’après-midi, que c’est venu naturellement, alors que je regardais le premier épisode du documentaire d’Iggy Pop, “Punk” sur Epic… Et désolé Iggy, ce ne sont pas les Stooges ni les Ramones qui me sont venus en tête !

En fait, comme presque tous ceux que j’ai rencontrés, j’ai une vision très différente de ce qui définit la vraie nature du “punk”, cette différence s’exposant par exemple dans une conversation que j’ai eue avec le promoteur d’une salle où je jouais avec Your Favorite Enemies il y a quelques années pendant notre tournée “Shadows of Dreams to Come”.

Promoteur : “Alors, Alex… Qu’est-ce qui est punk pour toi ? Sex Pistols, The Clash, The Ramones…?”
Alex : “… Talking Heads.”
Promoteur : “ahahahahahahahahaha…”
Alex : “Non, mais vraiment…”
Promoteur : “AHAHAHAHAHAHAHAHHA !!! ok, Alex… Honnêtement !”
Alex : “Talking Heads”
Promoteur : “….”
Alex : “Le punk, ce n’est pas de faire ce qu’on veut au-delà de ce qui est tendance autour de toi ?”
Promoteur : “TALKING HEADS, CE N’EST PAS DU PUNK”
Alex : “The Ramones, Sex Pistols, The Clash ensuite… Ils ne suivaient pas la tendance, ils étaient eux-mêmes, pas une copie de tout ce qui se faisait, pas vrai ?”
Promoteur : “Tout à fait… Mais pas Talking Heads, non…!”
Alex : “Pour moi, Mozart, Luther, De Vinci, Dali, Hemingway, Cash, Burroughs, Public Enemy… ce sont tous des punks”
Promoteur : “Pas David Byrne… C’est un intello !”
Alex : “Si ! Désolé de briser ton coeur, mais David Byrne est un punk pour moi”
Promoteur : “Ok, ok, allez, vas-y et montre-moi ce qu’est le punk ce soir alors…”

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Semaine 7: Madness

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“Mes Plaisirs Coupables…” – Partie 1

Encore une fois, j’ai eu le merveilleux privilège de recevoir énormément de suggestions de chansons de votre part, avec les anecdotes qui les accompagnent pour la plupart d’entre elles, à un tel point qu’au lieu d’avoir une playlist avec plus de 50 chansons ou de devoir me passer de beaucoup de vos suggestions, j’ai décidé de la faire en 2 parties, une playlist Spotify de 2 semaines intitulée “Plaisir Coupable – Super Deluxe”. Alors nous seulement nous avons l’opportunité de découvrir et redécouvrir plus de vos chansons, mais ça vous donne aussi un peu plus de temps pour m’envoyer vos plaisirs coupables sonores ! 😉

Semaine 7
Avec : Madness

Je vais toujours me souvenir du moment où j’ai découvert la musique de Madness. J’étais chez mon disquaire préféré dans le centre ville de Montréal. Je n’étais pas allé en cours pour aller voir le concert d’un de mes groupes locaux préférés, qui ouvrait pour PIL un peu plus tard ce soir-là. J’étais dans la section musique Hardcore quand j’ai entendu cette musique super cool jouer. C’était quelque chose que je n’avais jamais vraiment entendu avant, mais c’était composé des différents sons que j’aimais entendre dans d’autres groupes; brass, son de piano jazz, la contrebasse. Mais tous les instruments étaient joués de façon différente. J’ai pensé : « Attends une minute ! Qu’est-ce que c’est que ce genre de musique qui joue ? » J’étais déjà assez friand de reggae grâce à Don Letts et Joe Strummer, mais ce moment allait être le début d’une longue histoire d’amour avec le ska anglais… Merci Madness ! 🙂

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Semaine 6 : Nick Drake

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“Je déteste t’aimer…” Partie 2

Une fois de plus, j’ai vraiment été touché en recevant vos suggestions de chansons, les histoires associées à elles, certaines d’entre elles remplies d’émotion et d’autres vraiment très drôles ! Merci d’avoir fait de cette playlist @Spotify quelque chose de bien plus intéressant et significatif qu’une liste de chansons sans lien précis entre elles.

J’ai ainsi décidé de répondre à une question de Zoé de Paris, France : “Quelle fut ta première peine d’amour et vers quel groupe/artiste t’es-tu tourné pour surmonter cette douleur émotionnelle ?”

Semaine 6
Avec : Nick Drake
http://smarturl.it/AHFdigitalnoises

Je ne sais pas si l’expression “La première blessure est celle qui fait le plus mal” veut vraiment dire quelque chose concernant la douleur émotionnelle, mais j’ai certainement vécu quelque chose qui semblait être la sensation la plus dévastatrice de toute pendant mes 2 dernières années de lycée. Je ne voyais pas l’amour comme mes amis le voyaient à l’époque, je ne sortais pas vraiment avec personne, pas plus que je n’étais quelqu’un avec qui les gens avaient envie de s’impliquer dans une relation romantique. Et j’ai réalisé assez vite que quelqu’un qui est obsédé par la perspective de Kant et l’oeuvre de Baudelaire n’était pas vraiment ce que les gens considéraient comme cool, pas comme une personne potentiellement drôle avec qui sortir du moins, surtout à 14-15 ans !

Ça explique probablement pourquoi ma première peine amoureuse ne venait pas d’une rupture mais de la terrible réalisation que la personne de qui j’étais éperdument amoureux pendant toutes mes années au lycée ne partagerait jamais les mêmes sentiments que moi. Et ce n’est pas comme si mes amis proches n’avaient pas essayé de m’exposer ce fait évident de tous les angles possibles pendant des années… Mais j’étais une sorte d’idéaliste et croyais probablement secrètement que les poètes gagnaient toujours sur les plus cool et populaires… pas vrai ?!

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Semaine 5 : Damien Rice

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“Je déteste t’aimer…”

Le thème de cette semaine pour ma playlist Spotify ne pourrait pas être plus approprié, car quand j’ai demandé aux autres membres de Your Favorite Enemies s’ils avaient des suggestions de chansons, ils m’ont tous répondu quelque chose du genre : “Ça va être difficile pour toi de ne choisir que quelques chansons pour ta playlist, comme presque toute la musique que tu écoutes est une bande sonore à se couper les veines, comme si la mort elle-même vivait un chagrin suicidaire éternel”. Comme vous pouvez le voir, c’est toujours très inspirant de communier avec eux, surtout d’un point de vue spirituel, tel que créer une playlist… Enfin bref ! Je vous aime malgré tout !

Une chose est sûre, c’est que j’ai lu tous les récits qui accompagnaient vos suggestions de chansons. Vous m’avez parlé de vos lâcher-prises, d’interruption de cycle d’abus, de rupture ayant mené à retrouver des êtres chers, de crise identitaire menant vers une affirmation identitaire, de trahison, de faux pardon, et même d’un moment de réjouissance face à une relation toxique touchant à sa fin… C’était vraiment émouvant et touchant de lire tout ceci. Merci encore de votre confiance, vous êtes vraiment généreux avec moi.

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Avec : Damien Rice

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Semaine 4 : Nouvelle Vague

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“Au Nom de l’Amour…”

J’ai écrit ceci alors que j’étais dans un petit avion, pour un vol depuis Washington DC jusqu’à mon repaire dans les montagnes de la Virginie pour quelques jours, avant de retourner à Los Angeles. J’ai écouté toutes les chansons généreusement envoyées par vous tous pour ma playlist Spotify hebdomadaire, “Digital Noises for Analog Souls”. Je suis toujours très impressionné de découvrir à quel point les genres musicaux des titres choisis sont différents, tout comme cela m’émeut de lire les histoires que vous partagez avec eux. Je me sens encore plus privilégié de découvrir ces petites parcelles de votre histoire et je suis vraiment reconnaissant pour la confiance que vous démontrez en ouvrant vos coeurs comme vous le faites à travers ces chansons. Elles sont encore plus significatives pour moi maintenant… La musique crée une véritable communion.

Évidemment, c’était un peu difficile pour moi d’ignorer le fait que la playlist de cette semaine allait être publiée à une date proche de la Saint-Valentin. Je ne suis pas particulièrement friand de tout ce qui l’accompagne, mais j’ai décidé de jouer avec ça, de m’amuser en essayant d’ajouter un peu de noisy dans la plus commerciale des célébrations de l’amour. J’espère ne pas ruiner votre dîner en tête à tête ou installer une certaine étrangeté dans votre soirée musicale – Ce en quoi j’ai commencé à douter quand Jeff, passant par là et entendant la musique, m’a demandé : “Oh ! Tu fais ta playlist de la semaine ! Est-ce que le thème autour de ta sélection musicale est “Mauvais rendez-vous romantique ayant mal tourné” ? Ça sonne glauquement bon !”
Moi : “QUOI ?!? Qu’est-ce que tu veux dire ?!”
Jeff : “Rien ! Les chansons sont bonnes. Mais c’est supposé être un rendez-vous romantique ou alors se passer dans une ambiance douce et chaleureuse, enfin… ça explique beaucoup ta vie sociale mon frère !”
Moi : “Qu’est-ce que ça veut dire ça ?”
Jeff : “Rien…”
Moi : “Quoi ?!?”
Jeff : “Rien ! Continue comme ça mon frère ! La playlist est super bonne !”

Semaine 4
Avec : Nouvelle Vague

Alors, au-delà de cette évidente intimidation sur mon romantisme dont je venais d’être la victime, voici tout de même l’artiste que je souhaite mettre en avant pour ma 4ème playlist de “Digital Noises for Analog Souls”, “Au Nom de l’Amour…” : Le groupe français Nouvelle Vague. Pour moi, ils représentent un des groupes les plus “relax” et ambiant que je connaisse. Je les ai découverts il y a 10 ans, dans un merveilleux accident sonore.

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Semaine 3 : Son Lux

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J’ai voyagé presque tous les jours la semaine dernière, et quand je suis sur la route, comme c’est souvent le cas, je suis plus attentif en quelque sorte à la musique que je choisis, plus conscient de ce qui m’alimente et m’inspire.

En fait, j’aime voir cet état d’esprit me permettre de ne faire qu’un avec les sons, les mots et l’atmosphère d’une chanson ou d’un album, mais aussi me permettre de comprendre que tous ces petits détails sonores et ces mots soupirés vont établir l’humeur dans laquelle je vais être après. C’est encore plus vrai quand je suis dans l’avion, comme je suis plus sensible et émotionnel, par conséquent plus enclin à pleinement lâcher prise, à m’immerger complètement dans la musique.

Ma playlist Spotify « Digital Noises for Analog Souls » de cette semaine met en vedette l’artiste américain Ryan Lott et son incroyable projet Son Lux. J’ai découvert la musique de Ryan en 2009, quand un ami m’a offert leur fabuleux album “At War with Walls & Mazes” en me disant : « Je déteste ce groupe, alors ça veut dire que tu vas ADORER. Tu me diras ce que tu en as pensé ! » Eh bien… cet ami avait raison, car je me souviens avoir écouté cet album non stop pendant 2 mois après ça, ce qui a complètement aliéné cet ami dans le même temps. Il n’avait qu’à pas m’offrir cet incroyable album, pas vrai ? Mais je suis incroyablement reconnaissant qu’il l’ait fait !

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Semaine 2 : MONO

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J’ai été vraiment impressionné et très inspiré de recevoir TELLEMENT de suggestions de chansons de votre part après que je vous ai présenté ma nouvelle playlist Spotify « Digital Noises for Analog Souls », toutes des chansons personnelles, avec une signification individuelles pour chacune d’elles. Je crois que la musique, ainsi que toutes formes d’art visuel, est la plus pure de toutes les expressions communes, car elle n’exige pas d’analyses excessives ni d’explications trop pompeuses pour ressentir les émotions qui les animent. Encore une fois, merci de m’envoyer vos titres préférés avec quelques mots expliquant pourquoi via des commentaires ou des messages personnels avec la mention “ma chanson préférée #10, playlist”, ou tout ce qui pourrait attirer mon attention rapidement 😉 Vous aurez toujours la place n°10 dans ma playlist Spotify hebdomadaire « Digital Noises for Analog Souls ».

Mon choix est un peu biaisé. Je le savais avant même d’écrire quoique ce soit à propos du nouvel album de Mono, “Nowhere Now Here”. D’abord, je suis un fan de MONO depuis que j’ai eu l’incroyable privilège d’entendre l’album “You Are There” qui jouait sur un petit écran au Tower Records la première fois que j’ai visité le Japon en 2007. Je n’étais pas fan de musique instrumentale à l’époque, mais MONO a ouvert la porte à une autre dimension d’expression qui allait devenir plus tard une partie très importante de mon expression personnelle et artistique et allait m’amener à devenir un fan excessif de Mogwai et Explosions in the Sky pour ne nommer que ces deux groupes. MONO restera toujours mon premier amour.

Je n’ai jamais manqué une sortie d’album depuis. Mais encore mieux, j’ai pu grandir avec eux, évoluer comme eux, le vivre comme un fan, ce qui devient difficile pour moi avec le temps… Surtout parce que j’ai vu derrière le rideau du “secret magique” du divertissement et j’ai perdu mon innocence sur la magie que je trouvais dans les histoires de mes artistes favoris, je suppose. Mais certains d’entre eux, comme MONO, sont restés ce que j’appelle la quintessence de ce que veut dire être créatif avec honnêteté. Après tellement d’albums, tellement de tournées. Je sais comment l’honnêteté peut être facilement corrompue, pour quelque raison que ce soit, bonne ou mauvaise. Mais quand même, pour moi, MONO est une sorte d’ancre personnelle dans le royaume dont le vrai et l’honnêteté s’évanouit si vite.

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Semaine 1 : Sharon Van Etten

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Ma nouvelle playlist Spotify… J’ai besoin de vous !

J’ai eu le plaisir d’être invité à tenir une playlist hebdomadaire sur Spotify, où je pourrais partager la musique qui m’a “construit” en tant qu’artiste, en tant que personne. Alors plutôt que de demeurer exclusivement dans le passé, comme j’aime le faire avec mon blog “Out for a Spin”, j’ai décidé de partager un top 10 de toute la musique que j’écoute, qui me passionne, ou que j’ai simplement envie de partager avec vous, peu importe les artistes, les chansons, le style, que ce soit vieux ou récent…

Pour ce faire, je vais mettre en avant le nouvel album d’un de mes artistes favoris, qui va prendre les 3-4 premières places dans mon top 10. Les chansons 5 à 9 seront la musique que j’ai écoutée la semaine précédente. Et la chanson 10 va être celle de VOTRE choix ! Alors partagez avec moi quelques-unes de vos chansons préférées, comme elles pourraient se retrouver dans ma playlist ! Envoyez-moi un message sur Facebook et mentionnez que c’est pour le #10 🙂 Ça peut être de tout, ce que vous aimez, aussi simple que tout ce qui vous touche ou ce que vous voulez partager, et je choisirai au hasard une de ces chansons pour la partager dans le monde numérique. Oh, j’ai appelé la playlist “Digital Noises for Analog Souls” (Son Numérique, Âme Analogique)

Je suis fidèlement la carrière de Sharon depuis le début quasiment. Je suis devenu un plus grand fan encore de l’artiste quand j’ai eu le privilège de découvrir la personne elle-même. J’ai toujours eu un faible pour l’honnêteté avec laquelle elle ouvre son coeur et bien sûr, j’ai toujours aimé sa voix.

Alors, j’étais vraiment intrigué quand j’ai entendu qu’elle retournait en studio avec le renommé producteur et ingénieur John Congleton. John a travaillé sur plusieurs albums de mes artistes préférés de tous les temps, tels que Swans et Explosion in the Sky. Je me suis demandé si ça allait marquer un changement dans le style éthéré que j’aimais chez elle, si nous allions voir une métamorphose ou si nous allions être invités à communier dans une nouvelle saison de sa vie. Je suis comme tous les fans; excité d’entendre du nouveau son mais inquiet d’avoir l’impression de perdre quelque chose qui était important pour moi, c’est pourquoi j’écoute rarement les singles avant la sortie de l’album complet…

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5 albums à écouter absolument ! | Novembre 2018

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PUBLIÉ INITIALEMENT DANS JANO LAPIN

Lisez l’article original ici

Nous avons écouté toutes les nouvelles sorties d’albums et voici nos choix ! Voici les 5 albums que vous DEVEZ écouter qui sont sortis en novembre 2018

Alex Henry Foster – Windows in the Sky (Psych/Art-Rock)

Inattendu. C’est le mot que vous lirez dans presque tous les articles écrits au sujet de la sortie du 1er album solo d’Alex Henry Foster, Windows in the Sky. Depuis que l’album est sorti, il a atteint le top des charts au Québec, ainsi que la 3ème position des ventes au Canada. Son premier vidéoclip, Summertime Departures, est encore le plus regardé au Québec selon les palmarès ADISQ. Ce n’est pas un mince exploit pour un disque sorti sans aucune promotion au préalable !

Magnétique. C’est le mot que j’utiliserais. L’album est difficile à décrire mais il y a une puissance invisible qui vous attire. Et qui vous force à jouer l’album encore et encore. C’est un voyage cinématographique intime souvent dirigé par le spoken word délivré par Alex. Les guitares, aériennes, sont majestueuses. Des premières paroles de The Pain that Bonds (The Beginning is the End), “I just don’t know how it feels anymore”, aux dernières de The Love that Moves (The End is Beginning), “I will conquer darkness and make it shine”, la poésie, sombre, songeuse, souvent répétitive, vous captivera tout au long de l’album.

The Hunter. Cette chanson mammouth (14 min 36 secs) est le chef d’oeuvre de l’album. Avec “The Hunter is coming” comme leitmotiv, la chanson, structurée comme un crescendo, change de perspective à mi-parcours et se déroule comme une histoire courte. Obsédant !

À écouter absolument: The Hunter (By the Seaside Window), The Pain that Bonds (The Beginning is the End), Snowflakes in July, Winter is coming in, The Love that Moves (The End is Beginning).

Phil Naud
14 décembre 2018

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Alex Henry Foster : Une fenêtre grande ouverte sur la mémoire de ses vents

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Publié initialement dans Daily Rock

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Suite à l’inattendu succès dans les palmarès du nouvel album Windows in the Sky, d’Alex Henry Foster, le Daily Rock Québec est heureux de proposer une entrevue toute particulière avec l’artiste. C’est du haut des airs, entre deux grandes villes quelconques, que le créateur Alex H. Foster a répondu à nos questions, au sujet de cet album; intime, expressif et très apprécié.

P.-S. Notre intervieweur Jérôme Go-dreault mentionne qu’il a perçu et retrouvé l’odeur d’une sonorité vibrante et enveloppante. Tel que Mr L. Cohen savait aussi me faire vivre. Bravo et merci Mr Foster.

JG: Qui est Alex Henry Foster? D’où viens-tu?

AHF: On commence donc l’entrevue avec la question dont la réponse est la plus difficile à déterminer…! Je dirais simplement que je suis un fan fini de musique, de poésie, de skateboard, de baseball, de jeux vidéo et que je suis le père de 2 petits chiens qui répondent aux noms de MacKaye et Leonard, que j’ai adopté à Austin, au Texas, à la fin d’une tournée nord-américaine avec Your Favorite Enemies il y a un peu plus de 3 ans maintenant…

Je viens de Montréal, mais j’ai déménagé trop souvent pendant mon enfance pour pouvoir dire avec exactitude où exactement je considère avoir grandi…

J’ai étudié le travail social, oeuvré auprès d’enfants victimes d’abus sexuels et au sein de communautés HLM de la Rive-Sud de Montréal avant d’assumer mes passions musicales à temps plein au sein de Your Favorite Enemies il y a plusieurs années…

JG: Depuis quand et dans quelles circonstances as-tu commencé à créer de la musique?

AHF: Je crois que du plus loin que je me rappelle, j’ai toujours créé de la musique. Certaines cassettes cachées dans les infâmes archives familiales témoignent de la constante et ininterrompue façon que j’avais de rendre mes parents fous en chantant continuellement… et à faire du bruit avec tout ce qui avait la capacité de produire du son et pouvait être cassé ou fortement endommagé en en produisant…

J’ai logiquement intégré des bands punk / hardcore / noise à l’adolescence, agrandissant ainsi le cercle de gens que je rendais fou à jouer du Minor Threat, Ramones, Gang Green et autres compositions tout aussi perturbantes pour les parents d’amis, les voisins, les intervenants sociaux de l’école et autres personnes inquiètes face au fait que n’être pas très bon ne semblait pas avoir d’impact sur la passion avec laquelle je m’y livrais sans retenue et… sans arrêt.

C’est toutefois au moment où j’ai fait la connaissance de Sef (guitariste de Your Favorite Enemies) lors d’un stage qu’il effectuait à l’organisme communautaire où j’oeuvrais – et par le fait même son frère Ben (multi-instrumentiste et réalisateur) – que ma passion pour la musique est passée de sérieusement dangereuse à dangereusement sérieuse. Nous avons ensuite fondé le groupe Your Favorite Enemies et abandonné l’école et toute autre forme de vie sociale de type normal et devant potentiellement mener à une vie faite de promesses… et de bons fils.

La suite devrait être largement documentée dans certains lieux obscurs de l’internet!

JG: Quelles sont tes inspirations musicales et ta démarche artistique?

AHF: Elles sont diverses, je dirais, mais elles se doivent d’être d’abord et avant tout senties et honnêtes. Ma démarche est sans doute basée sur le fait de n’avoir aucune démarche pré-établie. J’aime être surpris et être chaviré, ce qui explique sans doute pourquoi je peux écouter à la fois des chants japonais traditionnels, Nick Cave, Swans, Fugazi, Mats Gustafsson, du flamenco traditionnel et The Cure dans la même soirée… c’est l’émotion, quelle qu’elle soit, qui m’inspire.

JG: Comment et pourquoi, mis à part les circonstances déjà mentionnées dans les médias, en être venu à produire un album solo?

AHF: C’est un peu par accident. J’étais exilé en Afrique du Nord car j’étais totalement à plat physiquement et psychologiquement, suite à 5 ans de tournée avec Your Favorite Enemies. Ça devait faire près d’un an que je n’avais pas touché à un instrument, mais que j’écrivais de la poésie afin de vivre et d’assumer des émotions que j’avais enfouies en moi afin de ne pas avoir à en confronter la réalité et à risquer de me perdre encore plus que je me sentais à ce moment…

Ben est venu me rejoindre à Tanger pour travailler sur la trame sonore d’un film, et à la suite de discussions, il m’a encouragé à mettre ces sentiments que je n’arrivais pas à exprimer en musique, qui est doucement devenue une chanson et puis une autre, et éventuellement un ensemble cohésif de moments. Je n’avais pas l’ambition d’en faire un album, car je ne voulais pas devoir faire face à ces mots, à ces sons, et à ces sentiments par la suite et encore moins devoir en parler publiquement comme en ce moment…! C’est en définitive les autres membres de Your Favorite Enemies qui m’encouragèrent à le faire et ils avaient raison de dire que cela allait m’affranchir et me permettre d’en assumer la nature complètement.

JG: Cet album aurait-il vu le jour, si les circonstances avaient été différentes?

AHF: Je ne crois pas qu’il aurait vu le jour, tout simplement… Pas plus que la musique à venir.

JG: Parle-nous plus librement de ton dernier album; WINDOWS IN THE SKY :

AHF: C’est un album personnel et intime, mais dont l’honnêteté produit une invitation au partage et à la communion. Je découvre sa véritable nature à travers les yeux des autres et de la façon dont ils se l’approprient pour eux.

JG: Cet album reflète-t-il toutes tes attentes et quelles sont ses qualités?

AHF: Je n’avais pas d’attente. Je n’ai jamais eu d’attentes pour tout ce que j’ai produit avec your Favorite Enemies auparavant. Pour moi, l’art et la création n’ont d’intérêt que l’honnêteté avec laquelle on s’y livre. Et plus on s’expose, plus on accepte que l’on ne puisse donner plus que ce que nous avons au moment où nous créons. C’est à mon avis pour cette raison que toutes les créations évoluent naturellement avec le temps, ne serait-ce que la façon avec laquelle on pose à nouveau le regard sur ce qui fut, en faisant ainsi quelque chose qui est. La création évolue à la mesure que l’on se permet d’évoluer en tant que personne. Du moins, je le vois de cette façon.

JG: Combien d’étoiles sur 10 l’album mériterait-il?

AHF: Je ne crois pas en la gradation de l’art. Certains artistes détestent que les gens évaluent leurs oeuvres. Pour moi, c’est une question de perspective, tout simplement. Les gens qui s’abandonnent au voyage qu’est “Windows in the Sky” ont une perception qui est tout aussi juste que la mienne… je n’ai jamais craint les critiques, car lorsqu’une oeuvre est partagée, elle ne m’appartient plus exclusivement.

JG: Quelles sont les principales personnes ayant collaboré à la réalisation de l’album et dans quel studio a-t-il été enregistré?

AHF: Ben a été le grand chef d’orchestre derrière la création de ce projet, mais tous les membres de YFE y ont participé et y ont offert une partie d’eux. C’était impératif de les inviter à le faire.

La production a eu lieu dans 3 endroits totalement différents et dans des conditions complètement atypiques. Entre un petit studio de fortune situé à Tanger, jusqu’à l’incroyable studio de YFE situé dans une ancienne église transformée, et dans une station de création dans les highlands de la Virginie.

JG: Pourrait-on entendre des morceaux de l’album Windows in the Sky, interprétés avec le groupe YFE?

AHF: J’espère! Ils m’ont tous envoyé leur CV comme potentiel back-up band si je devais vouloir partager l’album en mode live! Je vais donc les passer en audition; c’est un projet sérieux et professionnel!

JG: Comment sera envisagé l’avenir avec le groupe YFE suite au succès de cet album solo?

AHF: Pour moi, c’est assez simple tout ça, car je vis la musique sans cultiver l’ambition du succès et sans aucune perspective carriériste. Il faut bien me comprendre; je suis incroyablement heureux que les gens se soient appropriés “Windows in the Sky” de façon si personnelle et intime. Mais cela n’influe en rien la suite des choses. Et me connaissant, les gens pour qui YFE est important le savent et me supportent en ce sens. C’est la même chose pour les membres du groupe: on est d’abord et avant tout une famille. La suite sera déterminée par ce que nous avons envie ou besoin de vivre, créer et partager.

JG: Nous avons entendu que tu travailles actuellement sur un projet de film qui pourrait faire suite à cet album. Voudrais-tu nous en dire plus?

AHF: Je me suis dit qu’après la parution d’un album solo surprise alors que les gens attendaient un nouveau YFE, la décision la plus illogique en terme de “career move” serait d’offrir un 3ème projet qui ne serait pas YFE ou Alex Henry Foster et d’en parler lors d’entrevues portant sur mon album “Windows in the Sky”…! On comprend un peu mieux maintenant pourquoi je n’étais pas celui qui était mandaté lors d’entrevues pour YFE 😉

JG: Pourquoi avoir choisi le Japon, est-ce qu’il y a un attachement particulier avec ce pays, pour ce nouvel album et/ou avec le groupe YFE?

AHF: C’était important pour moi de tenir un tel événement au Japon.

J’ai toujours eu une relation très particulière avec les gens de ce pays, très intime je dirais, que ce soit à travers des projets de prévention du suicide, la trame sonore du jeu Final Fantasy que nous avons faite, ou le privilège que nous avons d’être reçus comme de la famille à chaque fois que nous y sommes allés partager de la musique ou d’autres projets là-bas.

Et d’avoir fait ça à Tokyo était à la fois l’accomplissement d’une promesse que j’avais faite aux parents d’un fan qui s’est tragiquement enlevé la vie et une façon pour moi de partager des émotions qui sont parfois seulement exprimables à travers la musique pour des gens qui, comme moi, ne se sentent pas en mesure d’en exprimer la nature.

JG: Est-ce qu’un projet de tournée internationale est envisageable pour cet album?

AHF: Oui assurément, mais je dois déterminer ce que j’aurai envie de partager et la façon dont j’aimerais le faire. Je suis encore en réflexion face à tout ça, mais j’ai des envies de “moments”, et non pas d’un autre rock tour…

JG: Sur l’album, les textes semblent avoir une grande importance et nous voudrions savoir si ceux-ci ont été écrits spécifiquement pour un album musical? De plus, à savoir si les compositions musicales ont été inspirées et créées à partir de chacun des textes de l’album, ou l’inverse?

AHF: Les textes sont toujours ce qui vient en premier, ce qui est plutôt rare, car les textes sont souvent écrits pour accompagner la musique. Que ce soit pour YFE ou un autre projet, pour moi, ça débute toujours par les textes, qui eux découlent de la vision que j’ai envie d’explorer pour l’album qui va les porter.

JG: Après avoir écouté et discuté de l’album avec quelques personnes (qui ont aimé), deux d’entre elles m’ont dit qu’à certains moments, elles avaient l’impression que la musique était redondante. Qu’en penses-tu?

AHF: C’est sans doute dû au fait que c’est un album de 8 chansons constituant plus de 60 minutes de musique noise orchestrée et de spoken words…! Mais sérieusement, la nature de “Windows in the Sky” se veut d’abord et avant tout un voyage, et je crois qu’il fait du sens selon la mesure par laquelle on s’y abandonne. Nous avons tous notre façon de consommer ou de vivre la musique. Pour moi, c’était la façon de m’exprimer, sans trop me poser de questions sur quoi que ce soit d’autre que ce que j’avais envie de partager. Mais je comprends tout à fait pourquoi ces personnes l’ont vécu comme ça également. C’est la beauté du partage et de laisser les autres en définir l’expérience.

JG: Est-ce qu’Alex Henry Foster a dans l’idée de réaliser un deuxième album du même genre et crois-tu qu’il pourrait avoir autant de succès?

AHF: Si on se fit à ma discographie, je pense être incapable de m’en tenir à un genre spécifique, de baser mes décisions sur ce qui ferait le plus de sens de faire pour surfer le plus longtemps possible sur la même vague ou de faire ce qui se doit d’être fait pour avoir du succès…! Considérant que je rêve de faire un album mixant des vieux chants de shigin (un chant traditionnel japonais) et du noise avant-garde, je me dis qu’il se pourrait que ce soit la dernière fois que vous vouliez me poser des questions – ce qui explique aussi pourquoi j’ai voulu battre un record de mots écrits dans cette entrevue!

Jérôme Go-dreault
8 décembre 2018

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