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Alex Henry Foster: un succès fait maison

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PUBLIÉ INITIALEMENT DANS La Presse

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Si on demandait au grand public de deviner quel artiste a terminé l’année 2018 en tête du palmarès québécois des ventes numériques, très peu de gens parieraient sur Alex Henry Foster. Pourtant, le premier album solo de l’auteur-compositeur-interprète a bel et bien devancé A Star Is Born, Loud et Shawn Mendes au classement. Et il présentera vendredi prochain un concert à guichets fermés au Club Soda, à l’occasion du Festival international de jazz de Montréal. Comment a-t-il fait ? La Presse a tenté d’y voir plus clair en accédant à l’univers de son groupe, Your Favorite Enemies, dans son atypique espace de création où tout est fait maison.

Rue Jogues, à Drummondville, se dresse entre l’école de quartier et la route 143 une imposante église de briques grises. Sauf que l’église Saint-Simon n’en est plus une. Lorsque la Ville a dû se départir de deux de ses trois édifices religieux, à la fin des années 2000, l’un a été détruit et l’autre a été vendu aux membres du groupe rock Your Favorite Enemies. Les lieux ont été désacralisés. Et la nef est maintenant une salle d’enregistrement.

Jeudi matin, Alex, Jeff, Miss Isabel, Sef, Charles et Ben nous font faire le tour des lieux. Au sous-sol, Jeff, un des guitaristes, explique qu’ils ont visité des églises partout au Québec avant de dénicher celle-ci, en 2009. Établi à Varennes à ses débuts, le groupe répétait dans le sous-sol d’une maison. « Notre musique est rapidement devenue notre métier, alors on a dû se déplacer », dit-il. Lorsqu’ils ont trouvé l’église Saint-Simon, les six amis ont sauté à pieds joints sur l’occasion et tous ont déménagé à Drummondville.

Dans un ancien débarras, ils ont installé une cuisine. Dans la pièce adjacente, on tombe sur une toilette et des douches. Quand ils ne sont pas en tournée, en Europe, en Asie ou ailleurs, les membres du groupe passent la majeure partie de leur temps ici, dans cette commune.

Assis dans un fauteuil de la salle commune, où les étagères aux murs jaunes exposent des centaines de livres, vinyles et breloques, Alex tente encore de prendre la mesure du succès de son album solo. Windows in the Sky est paru en novembre dernier. Il a été sacré meilleur vendeur au Québec la même année (format numérique). Un exploit, lorsqu’on considère que l’auteur-compositeur-interprète est loin d’être connu dans la province. Un exploit, quand on sait qu’il se frottait à des noms bien plus grand public (Lady Gaga, Éric Lapointe, Shawn Mendes et Ginette Reno). La cause de ce succès ? Les fans, déjà fidèles au groupe, ont été aussi fidèles au chanteur, croit Alex.

Les émotions le rattrapent lorsqu’il parle de cet album solo poétique, qu’il a écrit lors d’un exil de deux ans au Maroc, après la mort de son père. « J’ai eu la chienne de sortir [ce disque] et c’est encore très difficile, dit-il, les larmes aux yeux. Je ne peux pas me cacher derrière le band. Je m’expose. » Il n’avait pas l’intention de porter cet album sur scène, mais la demande était telle qu’il a capitulé.

C’est que la popularité du groupe, discrète mais soutenue, a été cultivée. Your Favorite Enemies s’adonne au DIY (do-it-yourself) dans tous les aspects de sa création, plutôt que de s’en remettre à la « machine » de l’industrie musicale. La besogne en est décuplée, mais l’expérience des fans aussi. Le sextuor en est conscient et travaille justement pour que le « lien humain » avec ses admirateurs passe avant tout, dit Alex. « Ce genre de choses fait que les gens sont attachés à nous, qu’ils nous suivent. » Son succès en est la preuve.

Parfait exemple de cette formule DIY : dans une pièce au fond du sous-sol, au bout d’un couloir, un membre de l’équipe de production, Yann, s’active autour d’une machine de sérigraphie et d’une presse à textile. Isabel, quant à elle, explique le processus d’impression d’une affiche créée spécialement pour le spectacle du Club Soda. Ici, on estampe aussi des t-shirts aux couleurs du groupe. Quelques exemples des projets réalisés dans les dernières années garnissent les murs du local.

Ils font tout. Les t-shirts et les affiches sont pensés et faits maison, tout comme les étiquettes et pochettes de vinyles, ainsi que les vidéoclips des chansons. Les vinyles eux-mêmes sont gravés sur place, à l’étage. « De nos idées jusqu’au produit final, ça vient de nous, dit Isabel. On est notre propre limite. » Ça ne s’arrête pas là. Ayant créé leur maison de disques, Hopeful Tragedy Records, en 2007, ils ont même lancé chacun de leurs albums sous leur propre étiquette.

À l’étage, face à la grande nef où les bancs d’église originaux sont toujours, les instruments sont disposés sur la scène dans la même configuration que celle du Club Soda. Le groupe y répète son set. Il jouera vendredi l’entièreté de l’album d’Alex, en formule cabaret, accompagné de cinq autres musiciens. Le lendemain, les admirateurs du groupe seront invités au QG du groupe à Drummondville pour un deuxième concert. « Ceux qui ont des billets pour le 5 [juillet] auront accès au spectacle du 6, indique Isabel. On a prévu un service de bus pour les amener. » « Les fans viennent pour tout le week-end, on a d’autres activités de prévues, ajoute Jeff. Certains arrivent d’Europe et d’Asie pour nous voir. » Pas de doute : Your Favorite Enemies est dévoué à son public. Et celui-ci le lui rend bien.

Alex Henry Foster sera en concert à guichets fermés le 5 juillet au Club Soda à l’occasion du Festival international de jazz.

MARISSA GROGUHÉ
June 29, 2019

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5 vedettes à (re)voir et 5 artistes à découvrir au 40e Festival de jazz de Montréal

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PUBLIÉ INITIALEMENT SUR Radio-Canada

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Le Festival international de jazz de Montréal (FIJM) célèbre cette année son quarantième anniversaire. Encore une fois, l’offre musicale s’avère copieuse et pour l’occasion, on vous suggère une dizaine de concerts jazz : cinq par des super vedettes, acclamées dans certains cas depuis des décennies sur tous les continents, et cinq autres par des artistes pas moins talentueux que l’on gagne à découvrir.

Si, comme sa musique, la définition du jazz a évolué depuis quatre décennies, il n’en demeure pas moins que c’est au sein de l’événement créé par Alain Simard et André Ménard que l’on peut entendre annuellement les plus grands représentants du genre.

À découvrir

Alex Henry Foster, Club Soda (5 juillet, 21 h)

Pas une fois depuis le début de l’année ai-je quitté l’une ou l’autre des salles de la Place des Arts ou le MTelus sans me faire remettre en main le petit tract visant à promouvoir le concert d’Alex Henry Foster à venir durant le FIJM. Son album Windows in the Sky est le disque en format numérique le plus vendu au Québec en 2018, devant Délivrance, d’Éric Lapointe, et A Star is Born, de Lady Gaga et Bradley Cooper. Grosse foule anticipée.

Philippe Rezzonico
June 26, 2019

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[VIDÉO] Un nouveau vidéoclip tourné au Japon pour Alex Henry Foster

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PUBLIÉ INITIALEMENT DANS LE JOURNAL DE MONTRÉAL / LE JOURNAL DE QUÉBEC

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Succès-surprise du dernier automne musical au Québec, le chanteur de Your Favorite Enemies, Alex Henry Foster, lance un second vidéoclip tiré de son album solo Windows in the Sky, cette fois pour la pièce Shadows of Our Evening Tides.

«The weight of the world is love…» Filmé au Japon et mettant de l’avant les mots du célèbre poète américain de la Beat Generation, Allen Ginsberg, Shadows of Our Evening Tides nous transporte à Tokyo.

Les images oniriques de la mégapole japonaise et ses habitants servent de toile de fond à ce que l’artiste décrit comme «l’inéluctable poursuite d’un bonheur éternel dans le cadre implacable d’une vie qui ne se déroule que trop rapidement».

Mis en ligne en novembre, le vidéoclip de la chanson Summertime Departures approche pour sa part les 500 000 visionnements sur la plateforme YouTube.

Inscrit à l’horaire du Festival de jazz de Montréal, le 5 juillet, au Club Soda, Alex Henry Foster a pris le monde de la musique par surprise, au mois de novembre, quand son album était entré en tête des ventes au Québec, devant les nouvelles parutions de Muse, Imagine Dragons et Marie-Mai.

CÉDRIC BÉLANGER
4 avril 2019

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5 albums à écouter absolument ! | Novembre 2018

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PUBLIÉ INITIALEMENT DANS JANO LAPIN

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Nous avons écouté toutes les nouvelles sorties d’albums et voici nos choix ! Voici les 5 albums que vous DEVEZ écouter qui sont sortis en novembre 2018

Alex Henry Foster – Windows in the Sky (Psych/Art-Rock)

Inattendu. C’est le mot que vous lirez dans presque tous les articles écrits au sujet de la sortie du 1er album solo d’Alex Henry Foster, Windows in the Sky. Depuis que l’album est sorti, il a atteint le top des charts au Québec, ainsi que la 3ème position des ventes au Canada. Son premier vidéoclip, Summertime Departures, est encore le plus regardé au Québec selon les palmarès ADISQ. Ce n’est pas un mince exploit pour un disque sorti sans aucune promotion au préalable !

Magnétique. C’est le mot que j’utiliserais. L’album est difficile à décrire mais il y a une puissance invisible qui vous attire. Et qui vous force à jouer l’album encore et encore. C’est un voyage cinématographique intime souvent dirigé par le spoken word délivré par Alex. Les guitares, aériennes, sont majestueuses. Des premières paroles de The Pain that Bonds (The Beginning is the End), “I just don’t know how it feels anymore”, aux dernières de The Love that Moves (The End is Beginning), “I will conquer darkness and make it shine”, la poésie, sombre, songeuse, souvent répétitive, vous captivera tout au long de l’album.

The Hunter. Cette chanson mammouth (14 min 36 secs) est le chef d’oeuvre de l’album. Avec “The Hunter is coming” comme leitmotiv, la chanson, structurée comme un crescendo, change de perspective à mi-parcours et se déroule comme une histoire courte. Obsédant !

À écouter absolument: The Hunter (By the Seaside Window), The Pain that Bonds (The Beginning is the End), Snowflakes in July, Winter is coming in, The Love that Moves (The End is Beginning).

Phil Naud
14 décembre 2018

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Alex Henry Foster : Une fenêtre grande ouverte sur la mémoire de ses vents

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Publié initialement dans Daily Rock

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Suite à l’inattendu succès dans les palmarès du nouvel album Windows in the Sky, d’Alex Henry Foster, le Daily Rock Québec est heureux de proposer une entrevue toute particulière avec l’artiste. C’est du haut des airs, entre deux grandes villes quelconques, que le créateur Alex H. Foster a répondu à nos questions, au sujet de cet album; intime, expressif et très apprécié.

P.-S. Notre intervieweur Jérôme Go-dreault mentionne qu’il a perçu et retrouvé l’odeur d’une sonorité vibrante et enveloppante. Tel que Mr L. Cohen savait aussi me faire vivre. Bravo et merci Mr Foster.

JG: Qui est Alex Henry Foster? D’où viens-tu?

AHF: On commence donc l’entrevue avec la question dont la réponse est la plus difficile à déterminer…! Je dirais simplement que je suis un fan fini de musique, de poésie, de skateboard, de baseball, de jeux vidéo et que je suis le père de 2 petits chiens qui répondent aux noms de MacKaye et Leonard, que j’ai adopté à Austin, au Texas, à la fin d’une tournée nord-américaine avec Your Favorite Enemies il y a un peu plus de 3 ans maintenant…

Je viens de Montréal, mais j’ai déménagé trop souvent pendant mon enfance pour pouvoir dire avec exactitude où exactement je considère avoir grandi…

J’ai étudié le travail social, oeuvré auprès d’enfants victimes d’abus sexuels et au sein de communautés HLM de la Rive-Sud de Montréal avant d’assumer mes passions musicales à temps plein au sein de Your Favorite Enemies il y a plusieurs années…

JG: Depuis quand et dans quelles circonstances as-tu commencé à créer de la musique?

AHF: Je crois que du plus loin que je me rappelle, j’ai toujours créé de la musique. Certaines cassettes cachées dans les infâmes archives familiales témoignent de la constante et ininterrompue façon que j’avais de rendre mes parents fous en chantant continuellement… et à faire du bruit avec tout ce qui avait la capacité de produire du son et pouvait être cassé ou fortement endommagé en en produisant…

J’ai logiquement intégré des bands punk / hardcore / noise à l’adolescence, agrandissant ainsi le cercle de gens que je rendais fou à jouer du Minor Threat, Ramones, Gang Green et autres compositions tout aussi perturbantes pour les parents d’amis, les voisins, les intervenants sociaux de l’école et autres personnes inquiètes face au fait que n’être pas très bon ne semblait pas avoir d’impact sur la passion avec laquelle je m’y livrais sans retenue et… sans arrêt.

C’est toutefois au moment où j’ai fait la connaissance de Sef (guitariste de Your Favorite Enemies) lors d’un stage qu’il effectuait à l’organisme communautaire où j’oeuvrais – et par le fait même son frère Ben (multi-instrumentiste et réalisateur) – que ma passion pour la musique est passée de sérieusement dangereuse à dangereusement sérieuse. Nous avons ensuite fondé le groupe Your Favorite Enemies et abandonné l’école et toute autre forme de vie sociale de type normal et devant potentiellement mener à une vie faite de promesses… et de bons fils.

La suite devrait être largement documentée dans certains lieux obscurs de l’internet!

JG: Quelles sont tes inspirations musicales et ta démarche artistique?

AHF: Elles sont diverses, je dirais, mais elles se doivent d’être d’abord et avant tout senties et honnêtes. Ma démarche est sans doute basée sur le fait de n’avoir aucune démarche pré-établie. J’aime être surpris et être chaviré, ce qui explique sans doute pourquoi je peux écouter à la fois des chants japonais traditionnels, Nick Cave, Swans, Fugazi, Mats Gustafsson, du flamenco traditionnel et The Cure dans la même soirée… c’est l’émotion, quelle qu’elle soit, qui m’inspire.

JG: Comment et pourquoi, mis à part les circonstances déjà mentionnées dans les médias, en être venu à produire un album solo?

AHF: C’est un peu par accident. J’étais exilé en Afrique du Nord car j’étais totalement à plat physiquement et psychologiquement, suite à 5 ans de tournée avec Your Favorite Enemies. Ça devait faire près d’un an que je n’avais pas touché à un instrument, mais que j’écrivais de la poésie afin de vivre et d’assumer des émotions que j’avais enfouies en moi afin de ne pas avoir à en confronter la réalité et à risquer de me perdre encore plus que je me sentais à ce moment…

Ben est venu me rejoindre à Tanger pour travailler sur la trame sonore d’un film, et à la suite de discussions, il m’a encouragé à mettre ces sentiments que je n’arrivais pas à exprimer en musique, qui est doucement devenue une chanson et puis une autre, et éventuellement un ensemble cohésif de moments. Je n’avais pas l’ambition d’en faire un album, car je ne voulais pas devoir faire face à ces mots, à ces sons, et à ces sentiments par la suite et encore moins devoir en parler publiquement comme en ce moment…! C’est en définitive les autres membres de Your Favorite Enemies qui m’encouragèrent à le faire et ils avaient raison de dire que cela allait m’affranchir et me permettre d’en assumer la nature complètement.

JG: Cet album aurait-il vu le jour, si les circonstances avaient été différentes?

AHF: Je ne crois pas qu’il aurait vu le jour, tout simplement… Pas plus que la musique à venir.

JG: Parle-nous plus librement de ton dernier album; WINDOWS IN THE SKY :

AHF: C’est un album personnel et intime, mais dont l’honnêteté produit une invitation au partage et à la communion. Je découvre sa véritable nature à travers les yeux des autres et de la façon dont ils se l’approprient pour eux.

JG: Cet album reflète-t-il toutes tes attentes et quelles sont ses qualités?

AHF: Je n’avais pas d’attente. Je n’ai jamais eu d’attentes pour tout ce que j’ai produit avec your Favorite Enemies auparavant. Pour moi, l’art et la création n’ont d’intérêt que l’honnêteté avec laquelle on s’y livre. Et plus on s’expose, plus on accepte que l’on ne puisse donner plus que ce que nous avons au moment où nous créons. C’est à mon avis pour cette raison que toutes les créations évoluent naturellement avec le temps, ne serait-ce que la façon avec laquelle on pose à nouveau le regard sur ce qui fut, en faisant ainsi quelque chose qui est. La création évolue à la mesure que l’on se permet d’évoluer en tant que personne. Du moins, je le vois de cette façon.

JG: Combien d’étoiles sur 10 l’album mériterait-il?

AHF: Je ne crois pas en la gradation de l’art. Certains artistes détestent que les gens évaluent leurs oeuvres. Pour moi, c’est une question de perspective, tout simplement. Les gens qui s’abandonnent au voyage qu’est “Windows in the Sky” ont une perception qui est tout aussi juste que la mienne… je n’ai jamais craint les critiques, car lorsqu’une oeuvre est partagée, elle ne m’appartient plus exclusivement.

JG: Quelles sont les principales personnes ayant collaboré à la réalisation de l’album et dans quel studio a-t-il été enregistré?

AHF: Ben a été le grand chef d’orchestre derrière la création de ce projet, mais tous les membres de YFE y ont participé et y ont offert une partie d’eux. C’était impératif de les inviter à le faire.

La production a eu lieu dans 3 endroits totalement différents et dans des conditions complètement atypiques. Entre un petit studio de fortune situé à Tanger, jusqu’à l’incroyable studio de YFE situé dans une ancienne église transformée, et dans une station de création dans les highlands de la Virginie.

JG: Pourrait-on entendre des morceaux de l’album Windows in the Sky, interprétés avec le groupe YFE?

AHF: J’espère! Ils m’ont tous envoyé leur CV comme potentiel back-up band si je devais vouloir partager l’album en mode live! Je vais donc les passer en audition; c’est un projet sérieux et professionnel!

JG: Comment sera envisagé l’avenir avec le groupe YFE suite au succès de cet album solo?

AHF: Pour moi, c’est assez simple tout ça, car je vis la musique sans cultiver l’ambition du succès et sans aucune perspective carriériste. Il faut bien me comprendre; je suis incroyablement heureux que les gens se soient appropriés “Windows in the Sky” de façon si personnelle et intime. Mais cela n’influe en rien la suite des choses. Et me connaissant, les gens pour qui YFE est important le savent et me supportent en ce sens. C’est la même chose pour les membres du groupe: on est d’abord et avant tout une famille. La suite sera déterminée par ce que nous avons envie ou besoin de vivre, créer et partager.

JG: Nous avons entendu que tu travailles actuellement sur un projet de film qui pourrait faire suite à cet album. Voudrais-tu nous en dire plus?

AHF: Je me suis dit qu’après la parution d’un album solo surprise alors que les gens attendaient un nouveau YFE, la décision la plus illogique en terme de “career move” serait d’offrir un 3ème projet qui ne serait pas YFE ou Alex Henry Foster et d’en parler lors d’entrevues portant sur mon album “Windows in the Sky”…! On comprend un peu mieux maintenant pourquoi je n’étais pas celui qui était mandaté lors d’entrevues pour YFE 😉

JG: Pourquoi avoir choisi le Japon, est-ce qu’il y a un attachement particulier avec ce pays, pour ce nouvel album et/ou avec le groupe YFE?

AHF: C’était important pour moi de tenir un tel événement au Japon.

J’ai toujours eu une relation très particulière avec les gens de ce pays, très intime je dirais, que ce soit à travers des projets de prévention du suicide, la trame sonore du jeu Final Fantasy que nous avons faite, ou le privilège que nous avons d’être reçus comme de la famille à chaque fois que nous y sommes allés partager de la musique ou d’autres projets là-bas.

Et d’avoir fait ça à Tokyo était à la fois l’accomplissement d’une promesse que j’avais faite aux parents d’un fan qui s’est tragiquement enlevé la vie et une façon pour moi de partager des émotions qui sont parfois seulement exprimables à travers la musique pour des gens qui, comme moi, ne se sentent pas en mesure d’en exprimer la nature.

JG: Est-ce qu’un projet de tournée internationale est envisageable pour cet album?

AHF: Oui assurément, mais je dois déterminer ce que j’aurai envie de partager et la façon dont j’aimerais le faire. Je suis encore en réflexion face à tout ça, mais j’ai des envies de “moments”, et non pas d’un autre rock tour…

JG: Sur l’album, les textes semblent avoir une grande importance et nous voudrions savoir si ceux-ci ont été écrits spécifiquement pour un album musical? De plus, à savoir si les compositions musicales ont été inspirées et créées à partir de chacun des textes de l’album, ou l’inverse?

AHF: Les textes sont toujours ce qui vient en premier, ce qui est plutôt rare, car les textes sont souvent écrits pour accompagner la musique. Que ce soit pour YFE ou un autre projet, pour moi, ça débute toujours par les textes, qui eux découlent de la vision que j’ai envie d’explorer pour l’album qui va les porter.

JG: Après avoir écouté et discuté de l’album avec quelques personnes (qui ont aimé), deux d’entre elles m’ont dit qu’à certains moments, elles avaient l’impression que la musique était redondante. Qu’en penses-tu?

AHF: C’est sans doute dû au fait que c’est un album de 8 chansons constituant plus de 60 minutes de musique noise orchestrée et de spoken words…! Mais sérieusement, la nature de “Windows in the Sky” se veut d’abord et avant tout un voyage, et je crois qu’il fait du sens selon la mesure par laquelle on s’y abandonne. Nous avons tous notre façon de consommer ou de vivre la musique. Pour moi, c’était la façon de m’exprimer, sans trop me poser de questions sur quoi que ce soit d’autre que ce que j’avais envie de partager. Mais je comprends tout à fait pourquoi ces personnes l’ont vécu comme ça également. C’est la beauté du partage et de laisser les autres en définir l’expérience.

JG: Est-ce qu’Alex Henry Foster a dans l’idée de réaliser un deuxième album du même genre et crois-tu qu’il pourrait avoir autant de succès?

AHF: Si on se fit à ma discographie, je pense être incapable de m’en tenir à un genre spécifique, de baser mes décisions sur ce qui ferait le plus de sens de faire pour surfer le plus longtemps possible sur la même vague ou de faire ce qui se doit d’être fait pour avoir du succès…! Considérant que je rêve de faire un album mixant des vieux chants de shigin (un chant traditionnel japonais) et du noise avant-garde, je me dis qu’il se pourrait que ce soit la dernière fois que vous vouliez me poser des questions – ce qui explique aussi pourquoi j’ai voulu battre un record de mots écrits dans cette entrevue!

Jérôme Go-dreault
8 décembre 2018

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5 choses à savoir sur Windows in the Sky de Alex Henry Foster

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Publié initialement dans The Vancouver Sun

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Windows in the Sky | Hopeful Tragedy Records

Ceux qui ont suivi les palmarès canadiens de la semaine du 9 novembre se sont grattés la tête quand le premier album d’Alex Henry Foster est arrivé en 6ème position dans le palmarès des albums au Canada selon Billboard. Les rapports SoundScan pour les ventes au Québec pendant les deux dernières semaines ont indiqué que le montréalais atteignait les sommets dans les palmarès, se plaçant 3ème position à l’échelle nationale juste derrière les groupes majeurs Muse et Imagine Dragons.

Alors qui est-il ?

Eh bien apparemment, son groupe est connu au Japon. Foster joue dans le groupe Your Favorite Enemies, nommé pour un prix Juno dans la catégorie “Album Rock de l’année” en 2015, pour leur album Between Illness and Migration, sorti l’année précédente. Si vous ne vous en souvenez pas, ne vous tapez pas sur la tête. Cette catégorie nous a offert, entre autres, des groupes mémorables tels que Finger Eleven, Sum 41 et Slik Toxik. La formation Your Favorite Enemies est encore active avec un nouvel album en cours de préparation.

Windows in the Sky a été lancé sans annonce préalable ni autre battage médiatique ou annonce de tournée, bien que Foster ait annoncé son intention de l’emmener sur la route avec un projet multimédia en 2019. YFE sera également de retour dans l’année à venir. Mais pour l’instant, l’accent est mis sur cet album solo au succès soudain.

Voici cinq choses à savoir à son sujet :

1: À fond dans le post-rock. Des rafales de guitares, qui font écho aux spoken words, des choeurs au loin, et autant d’orchestration que possible dans une chanson. Des chansons tels que Winter is Coming peuvent sonner comme un Bullet the Blue Sky de U2 rencontrant Loveless de My Bloody Valentine par le biais d’un groupe sur Fluttery Records. C’est du gros son.

2: Des sons de saison. S’il y a une chose dont le Canada a plus besoin, c’est de la musique vaste et atmosphérique qui va bien avec le fait de se blottir dans une pièce chaude pendant quelques mois jusqu’au “beaux frissons d’un au revoir”. Ça peut vouloir dire des “Snowflakes in July” (des flocons de neige en juillet), mais c’est parfait.

3: Une bonne Intro / Conclusion. The Pain that Bonds (The Beginning is the End) ouvre les 8 chansons de l’album. The Love that Moves (The End is Beginning) le conclut. Les deux chansons s’entrelacent non seulement dans les titres, mais aussi dans la structure. Doux accords devenant plus urgents jusqu’à exploser dans l’intro, plus distants et en constante évolution dans la conclusion. Si la vision que nous sommes supposés avoir depuis notre “Windows in the Sky” (notre fenêtre dans le ciel) est semblable à un voyage en train dans un paysage imaginaire; alors ça fonctionne, tel un voyage sonore.

4: The Hunter (By the Seaside Window). Peut-être en hommage à ses fans japonais – l’album a été lancé au cours d’une série de séances d’écoute en direct au Japon – cette oeuvre de près de 15 minutes a une voix secondaire parlant en japonais alors que la voix d’Alex grandit de plus en plus de façon paranoïde. Les fans de guitare noise doivent écouter ça.

5: Oui, ça parle de deuil. Windows in the Sky fut écrit en isolation alors que Foster passait à travers le décès de son père à la suite d’une longue bataille contre le cancer. Son exploration du dévouement, de la perte, de l’affliction, du deuil et de l’épuisement va parler à beaucoup qui ont dû traverser ce processus. Peut-être que c’est pour ça que l’album a résonné dans la vie de tant de personnes, car à mesure que nous avançons en âge, cette histoire se répète de plus en plus.

Stuart Derdeyn
27 novembre 2018

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Un voyage salutaire pour Alex Henry Foster

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Publié initialement dans L’Express

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Il est le leader du groupe drummondvillois Your Favorite Enemies

Ce qui devait être un exil au Maroc pour Alex Henry Foster s’est transformé en source d’inspiration pour son album solo Windows in the Sky, lancé il y a seulement quelques jours. Déjà, son oeuvre trône au somment des palmarès devant de grandes pointures comme Marie-Mai, Muse et Imagine Dragons.

L’inattendue histoire à succès a débuté il y a deux ans. Alors que le groupe Your Favorite Enemies (YFE) estimait avoir terminé un cycle musical, Alex Henry Foster a décidé de se retirer à Tanger, au Maroc, pour s’inspirer et travailler sur le prochain album du groupe.

“Les 10 dernières années ont été passablement occupées pour le groupe et comme nous sommes autonomes dans toutes les sphères de la production d’un album, nous étions fatigués. En m’exilant, j’ai pu plonger dans un univers de calme après la tempête YFE. Je me suis senti inspiré et j’ai créé mon album solo”, a raconté M. Foster.

Lentement, les textes sont apparus, sans musique. Au fil des collaborations, son collègue Ben Lemelin s’est joint pour créer une mélodie qui collerait bien aux écrits du chanteur. Il a même mis sur pied un studio directement à Tanger.

“Cet album est mon identité. Je ne voulais pas faire porter aux autres membres du groupe mes histoires. Le décès de mon père m’a inspiré et c’est un sentiment personnel. C’est un genre de thérapie, un album pour me délivrer. Mais, avec le temps, ils ont gentiment voulu s’impliquer musicalement”, a ajouté Alex Henry Foster qui est présentement en Virginie pour travailler sur d’autres projets.

C’est sans tambour ni trompette que le 9 novembre dernier, il a lancé Windows in the Sky, qui comporte huit chansons. Rapidement, l’album s’est hissé dans le top du palmarès québécois.

“Je n’ai pas fait de promotion autour de cet album. Je l’ai dévoilé au Canada en premier pour remercier les gens d’ici et je me suis rendu au Japon pour une écoute. Je me suis fait un cadeau en partageant mes chansons de cette façon, a ajouté M Foster. Je ne m’attendais pas du tout à ce succès, car je ne l’ai pas fait dans cette perspective, c’était plutôt une démarche artistique. Ce n’est pas le genre de musique qui joue à la radio, surtout pas avec des pistes allant jusqu’à 14 minutes.”

Des projets pour Your Favorite Enemies

Malgré le projet solo de Alex Henry Foster et, entre autres, ses collaborations à des trames musicales de films, YFE n’est pas mort. Le principal intéressé a tenu à préciser l’orientation du groupe qui réside dans l’ancienne église Saint-Simon à Drummondville.

“On explore tous d’autres choses pour le moment. On va revenir ensemble et pouvoir partager nos émotions. L’unité du groupe est toujours là et je suis certain qu’on pourra sentir la fébrilité de tous quand ce sera le temps”, a conclu M. Foster.

Ghyslain Bergeron
23 Novembre 2018

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Alex Henry Foster frappe fort avec son premier album solo

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Publié initialement dans FYI Music News

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Les observateurs des palmarès de l’industrie de la musique au Canada ont sans doute découvert avec surprise que la première place revenait au premier album solo d’Alex Henry Foster, “Windows in the Sky”.

Il est arrivé #6 dans les charts du Billboard pour les albums canadiens, pendant que les rapports SoundScan le placent #1 dans les ventes au Québec dès la première semaine de sa sortie (il est sorti le 9 novembre) et #3 au Canada juste derrière Muse et Imagine Dragons. L’album est resté #1 dans les palmarès iTunes pendant 5 semaines consécutives, devant The Beatles, Queen et Lady Gaga, pendant que la première vidéo pour la chanson “Summertime Departures” a très vite atteint les 100,000 vues sur YouTube. Sorti via Hopeful Tragedy Records, l’album est distribué par Sony Music / The Orchard.

Le nom de Foster peut ne pas être familier à beaucoup, mais il a rencontré un certain succès international (au Japon surtout) en tant que chanteur et auteur dans la formation Your Favorite Enemies, nommée pour un prix Juno pour l’album rock de l’année en 2015, pour leur album “Between Illness and Migration” sorti l’année précédente.

Rencontrer un tel succès avec “Windows in the Sky” est d’autant plus impressionnant qu’il est arrivé sans aucun battage médiatique avant. Contacté par FYI, Foster explique que “toute l’idée de sortir “Windows in the Sky” sans aucune forme de promotion était basée sur le fait que je voulais que la musique et ses émotions s’épanouissent de leurs propres chefs, et de juste faire ce que je veux et ce que j’aime.”

“Le dernier album que nous avons sorti avec YFE, celui qui a été nommé aux Prix Juno, nous a maintenu sur la route pendant presque 5 ans. Ça m’a complètement consumé.”

Aucune date de concert n’a été annoncée pour supporter son nouvel album, mais Foster conseille la patience. “Windows in the Sky est un projet multimédia impliquant des projections et des lumières conceptuelles, alors je veux jouer l’album dans un contexte complètement différent de notre format rock’n’roll habituel, partager un genre différent de moment et d’expérience. Encore une fois, une longue réponse pour dire que je vais jouer l’album live et je vous dirai le “quand”, le “où” et le “comment” au début de 2019.”

Pour son créateur, “Windows in the Sky était déjà un succès à partir du moment où j’ai décidé de sortir un LP de 8 chansons avec une chanson de 15 minutes en plein milieu d’un album d’une heure…! Le succès est vraiment une question de perspective.”

Pour ce qui est du futur de YFE, Foster explique que “tout est assez ouvert maintenant. Nous avons beaucoup de matériels jamais sortis, issus des productions des précédents albums, et nous nous sommes dernièrement réunis tous ensemble à Tanger pour travailler sur de nouvelles chansons.”

“C’est important pour moi de dire que Your Favorite Enemies est toujours bel et bien vivant. C’est juste qu’avec “Windows in the Sky” et les projets de bandes-sons de films sur lesquels je travaille avec Ben (le guitariste et producteur de YFE), c’est plus difficile pour nous de définir le “quand” du “quoi” quant à ce que nous voulons partager avec les gens. YFE n’a jamais été reconnu pour suivre le chemin logique et tout tracé qui est supposé mener vers le succès ou Dieu sait où. Alors je crois que cette méthode alternative d’opérer sera encore plus éclectique maintenant que nous avons différents projets s’épanouissant côte à côte. Tout ce que je peux dire pour le moment est, nous verrons bien.”

Pour repérer les futurs concerts de YFE, les gens devront être vigilants. “Après le dernier concert que nous avons fait à New York il y a un peu plus de 2 ans, nous avons tous convenu que nous ne retournerions pas sur scène tant que nous n’aurions pas un nouvel album à partager avec les gens ou pour jouer dans des festivals qui font partie de notre liste de souhaits.”, explique Foster.

“Nous avons joué sous des noms différents parfois par contre. Cherchez “Burroughs Was a 2-Step Ballet Dancer” ou “We Are Not a Death Metal Band, We Just Look Cool” dans une ville près de chez vous… Ça pourrait devenir une soirée intime avec Your Favorite Enemies !”

Kerry Doole
23 novembre 2018

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