• Le temps ne guérit pas… Seul le pardon le fait

    Dernier Blog

    Le temps ne guérit pas… Seul le pardon le fait

    Publié initialement dans le magazine japonais
    BEEAST

    Read Now

Alors que les lumières continuent de briller

-     -

Publié initialement dans le magazine japonais BEEAST

2 mars 2016 – New York

Dans ma vie, un simple geste se révèle souvent être quelque chose de très significatif. Alors quand Ben, le bassiste de Your Favorite Enemies que je considère comme mon frère, m’a offert un cahier d’écriture avec une citation fabuleusement inspirante de Ernest Hemingway gravée en lettres dorées, je savais que c’était aussi spécial pour lui de me l’offrir que ça l’était pour moi de le recevoir, Hemingway étant non seulement un de mes auteurs favoris, mais les mots en tant que tels étant profondément significatifs pour moi. Ben sait que je me permets rarement de m’imprégner de la plupart des aventures auxquelles je suis le premier à inviter mes frères, soeurs, amis et êtres chers à non seulement les partager avec moi, mais aussi à les vivre pleinement. C’est en méditant sur la nature de ces mots que j’écris mon tout premier article dans le magazine BEEAST, et c’est aussi en songeant à ma décision résolue d’écrire selon ce que je ressens plutôt que comment je veux que vous me perceviez à travers les mots que je vous partage aujourd’hui.

Je suis en studio depuis plusieurs semaines maintenant, et alors que j’écris ces lignes, je m’apprête à partir pour New York dans quelques heures… le lever du soleil attendant son invitation à exposer ses couleurs à ce qui semble être une aube réticente, je médite sur ces mots encore et encore :

“In order to write about life 
first you must live it”
(“Pour écrire à propos de la vie,
il faut d’abord la vivre”)
– Ernest Hemingway

Et si l’amour était la réponse à la haine & aux bombes…

-     -

En réponse aux attentats de Bruxelles

Un message à mes frères, soeurs, amis, voisins et être chers

Je me suis réveillé ce matin avec la plus violente de toutes les alarmes; la stupeur.

Mon vieil ennemi était de retour, me blessant à nouveau avec ses armes préférées; l’impuissance, l’incompréhension, la colère. La tristesse, comme si tout était devenu noir et blanc pour un instant, dans un éclair d’une totale abnégation émotionnelle. Je me suis demandé, “alors c’est ça l’état actuel et permanent du monde dans lequel nous vivons ? ”. La peur.

Je m’inquiète terriblement pour mes frères, soeurs, amis et êtres chers en Belgique manquant encore à l’appel. Je suis à genoux, compatissant avec ceux dont le coeur est dévasté et j’invite aussi à faire de même ceux qui souhaitent avec rage la même mesure de douleur pour ces monstres qui ont brutalement arraché des vies au nom d’un seul; le leur.

Et puis j’ai pensé écrire quelque chose. Mais quels mots écrire, quels mots partager ? La terreur, tout comme la vie qu’elle détruit, a corrompu chacun de ces mots de sympathie pour en faire de redondants refuges vides de sens, vibrant tels les échos de nos propres voix dont les murmures se perdent dans le désert de notre confusion. Qu’ai-je d’autre à offrir que des mots ? À chaque fois, à chacune des fois, je me pose exactement la même question : “Que puis-je faire ?”. “Si seulement il y avait quelque chose à faire”.

La tragédie d’aujourd’hui a transformé des mots d’empathie en une oraison funèbre parfaitement bien ficelée et impeccablement alignée pour quelconque horrible occasion, faisant de silences endeuillés des planques d’auto-préservation suspicieuses pour ce qui ressemble à un déni personnel de croire en de meilleurs lendemains. Les mots ne sont que des tonalités sans coeur et dénués d’âme. J’ai appris il y a longtemps qu’un véritable coeur ne peut pas tromper sa nature distinctive, et même si mes mots peuvent refléter à quel point je suis secoué en ce moment, à quel point je me sens démuni et aussi fatigué de combattre le vrai combat, je ne suis pas prêt à abdiquer. Pas prêt à rester stoïque, ni à détourner le regard.

À nous maintenant de briller de tous nos feux

-     -

En réponse aux attentats de Paris

Je suis présentement à l’aéroport de Montréal en compagnie de Jeff. Nous quittons pour Tokyo dans moins de 2 heures. Nous n’avons pu fermer l’oeil de la nuit, inquiets pour nos êtres chers qui manquent toujours à l’appel et résolument déterminés à ne pas succomber aux extrêmes émotions que pareils actes de barbarie pourraient nous sembler raisonnable de vivre en pareille occasion.

La véritable victoire de la terreur s’avère sa propension à créer de nouveaux monstres, justes ou non. Ce matin, alors que je ne peux que penser à nos amis qui manquent toujours à l’appel, alors que rage, peine, incompréhension et consternation s’entremêlent dans mon coeur, dans mon âme, je pense à tous nos êtres chers… Et malgré la profonde souffrance qu’est la nôtre, je me refuse à faire surgir ce monstre vengeur. Je renonce à devenir l’ombre de ces abominables actes du mal. Car elle est là la victoire de ceux qui sèment la mort; le triomphe de la haine s’avère l’appel à nos instincts les plus primaires, à nos sentiments les plus insondés.

CATÉGORIES

Photos Instagram Récentes

Choisissez votre langue