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    DE RETOUR DANS LA LUMIÈRE

    Publié initialement dans le magazine japonais
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De Retour dans la lumière

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Publié initialement dans le magazine japonais BEEAST

Mon séjour à Paris ainsi que celui à Tanger furent, bien que toujours trop courts, une fois de plus magnifiques, me rappelant le grand privilège qu’est le mien non pas de voyager, bien qu’il le soit, mais d’avoir des gens qui me sont précieux, qui comptent profondément pour moi, qui sont les vives couleurs constituant la douce brise et la juste mesure de chaleur me permettant de vivre avec autant de joie et de paix mon progressif retour à la lumière et qui, par-dessus tout, me rappellent, voire me permettent, d’admirer la nature de ces ombres de l’âme m’accompagnant depuis trop longtemps maintenant pour ne pas en avoir fait de précieux confidents, de fidèles compagnons de route, images étranges d’une vie faite de paradoxes qui nous échappent, mais caractérisant l’essence même de notre existence, du moins en ce qui a trait à celle pour laquelle j’ai souvent, si véritablement, le moins de perspective, d’emprise, de recul et de compréhension, ma vie. Alors ces derniers jours me firent un grand bien.

En fait, j’aime Paris depuis qu’elle n’était qu’un lointain rêve, presqu’illusion d’un futur que je ne pouvais ne serait-ce que considérer pouvoir être le mien il y a de cela si longtemps maintenant. J’aime me balancer sans destination précise, joindre la danse de ces inconnus qui courent, qui bousculent, qui se pressent, qui semblent vivre le compte à rebours de leur existence avec tant d’insistance, me laisser bercer par les parfums des quartiers qui défilent au rythme de mes pas sans ambition, épier le temps qui passe et repasse sans cesse. Un mot ici, un sourire à l’horizon d’un regard généreux. Pour moi, c’est un bonheur incommensurable où les klaxons, les prises de tête entre voisins de pavés toujours trop étroits pour le souffle court de l’un et la respiration haletante de l’autre… la vie. Ces quelques instants dérobés à celle de ces inconnus m’en inspirent des frissons que j’ai envie de faire miens.

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J’aurais pu être un neurochirurgien… mais Sonic Youth est arrivé

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Extrait du blog exclusif au SFCC de Alex. Lire la version complète ici

À la mémoire de Glenn Branca, un des plus incroyables génies musicaux de tous les temps. Sa disparition nous marquera à jamais.

Il y a des moments dans votre existence que vous pouvez facilement déterminer comme étant le début d’une succession de mauvaises décisions de vie. Et croyez-moi, ça peut commencer plus tôt que nous le pensons ou aimerions l’admettre. Avec un peu de perspective, vous pouvez identifier ces moments si clairement que c’est difficile de voir autre chose quand vous recherchez des réponses ou indices pour expliquer ce qui s’est mal passé, ce qui aurait pu faire dévier la course de votre voyage déjà si brillant. Eh bien, si je pense comme le garçon de 13 ans que j’étais à l’époque… revenons un peu en arrière, ce qui semble être devenu le mantra de “Out For a Spin” – et d’une certaine façon une sorte de thérapie pas chère…! Bref, voici l’histoire :

J’allais avoir 14 ans. Je causais déjà des problèmes (et j’en avais aussi). Je gérais ma vie scolaire comme mes amis géraient leurs séjours dans les établissements pour mineurs. Pour moi, l’école m’ennuyait dans les bons jours et me déprimait horriblement le reste du temps. Mais d’une certaine façon, j’ai toujours réussi à avoir des notes exemplaires, avec des A dans mon bulletin, ce qui est étrange finalement considérant le fait que j’avais une forme légère de dyslexie d’aussi longtemps que je me souvienne et que je ne suis jamais allé à la même école plus de 2 ans de suite jusqu’au lycée, en ayant parfois à changer d’école 2 ou 3 fois dans la même année à cause de l’instabilité financière de mes parents. Différentes villes, différentes écoles, différents intimidateurs, différents mondes… Des moments difficiles pour un enfant qui essaie de faire sa place, de se mélanger aux autres.

De toute façon, je me suis toujours retrouvé intégré dans ces classes spéciales prétendument créées pour offrir un programme académique plus avancé aux étudiants qui avaient un peu plus de capacité d’apprentissage (ou plus de temps pour faire leurs devoirs !) que les autres. C’est devenu vraiment bizarre pour moi au lycée, comme j’étais le seul étudiant dans ces groupes qui ne comprenait pas le concept d’être habillé cool, de passer ses vacances d’été en Europe, ou même ce que ça veut dire pour une famille d’avoir 2 voitures (toutes les voitures que mes parents ont eues étaient aussi différentes que les vêtements que je portais comparé aux autres… croyez-moi !). Alors c’était ça ma vie; à l’école élémentaire, c’était de me faire battre à chaque fois que la cloche retentissait, peu importe dans quelle nouvelle école j’arrivais, et au lycée c’était… enfin, compliqué, c’est le moins qu’on puisse dire 😉

Un mouvement de la vie à célébrer

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Chers frères, soeurs, amis, fans et êtres chers,

J’espère que vous vous portez à merveille alors que nous abandonnons le lot d’émotions qu’a apporté 2017 et embrassons le flot d’une année 2018 déjà emplie de promesses. Avec l’invitation de nous redéfinir qui émane de la passion de tels départs nouveaux, il nous est aussi possible d’envisager l’épanouissement de notre vie avec une foi renouvelée en des rêves porteurs d’espoir, une couleur à la fois, une découverte après l’autre, respirant avec exaltation et excitation, vivant dans le moment présent, sachant que demain saura s’occuper de lui-même, comme il l’a toujours fait.

Je peux dire que les 12 derniers mois ont fait de 2017 une année fascinante et hautement significative pour nous tous. Nous, en tant que groupe. Nous, en tant qu’amis. Nous, en tant que famille. Ce fut une saison riche en moments, généreuse en accomplissements. Tant collectivement que personnellement, nous avons découvert, et redécouvert, la signification d’avoir un “partage” réjouissant, nous avons pris le temps pour un simple sourire, nous sommes perdus dans des éclats de rires de communion, avons contemplé la magnifique grâce que nous avons de grandir aux côtés de chacun, même si nous avons été séparés pour quelque temps – et nous l’avons été pendant longtemps.

En fait, c’est peut-être ce qui a fait de 2017 une année aussi significative pour nous. J’ai été au loin, au gré des flots pendant un moment afin de retrouver ce qu’il restait de moi, réalisant que même si la vérité peut se trouver dans des endroits que nous ne comprenons pas toujours, la liberté naît toujours de l’honnêteté que nous avons envers nous-mêmes et envers ceux que nous aimons. Nous avons tendance à combattre nos démons personnels avec tant d’aliénation que nous en devenons inévitablement plus sombres que les ombres créées par la lumière autour de nous. Notre pèlerinage personnel peut nous mener au bout du monde, mais il nous voit rarement nous établir où nous croyions pouvoir nous agenouiller au matin, illuminés par le lâcher prise, l’aveu, l’acceptation, peut-être… Bien loin du fatalisme de nos convenus, de nos dogmes personnels, de nos incertitudes grandissantes et tous nos autres faux-semblants.

Ce n’est donc pas une surprise que je sois présentement assis à la même table où le voyage a commencé pour moi, il y a près de 2 ans, à Tanger. La même place où j’ai travaillé sur le récent projet de livre du groupe, “A Journey Beyond Ourselves”, où j’ai écrit plusieurs chansons, mais plus important encore, où j’ai pu trouver la paix, le regard posé sur l’océan du matin au soir, de ma peur grandissante de l’abandon jusqu’à la grâce rédemptrice de l’introspection silencieuse, de réflexions personnelles, et de rétrospection. Certains parlent de cycles émotionnels, d’une sorte de naissance, alors que d’autres parlent d’un retour à l’endroit où notre âme appartient, là où nous avons été dans une autre vie… Je ne sais pas… Peut-être est-ce aussi simple que de trouver une place où nous pouvons regarder le reflet dans le miroir sans avoir à porter le fardeau d’être soi-même, la déception de ce que nous sommes devenus… Un endroit où on se sent à la maison, accueilli peu importe qui que nous soyons dans le moment présent. Je ne sais pas… Tanger est tout ça pour moi. Aussi élusive que l’honnêteté, que l’amour, que la mort, et tout ce qui se trouve entre les 2… La somme de tout, ou la somme de rien du tout.

Et c’est d’autant plus significatif pour moi que, s’ajoutant au caractère incroyable du voyage qu’a été notre vie commune au cours des 10 dernières années – et quelle décennie haute en couleurs ce fut, faite de nombreux miracles collectifs que nous avons pu voir à travers nous-mêmes et à travers les autres – j’ai eu le privilège d’inviter mes frères, mes soeurs, mes amis et mes compagnons de vie chez moi, à Tanger, où nous avons l’incroyable bénédiction d’établir un studio d’enregistrement afin de travailler sur des sons, des mots, des couleurs, des images, que nous transformons en chansons, paroles, toiles et films afin de découvrir et de redécouvrir notre identité en tant que groupe, amis, famille… Parcelles d’espoir envoûtantes que nous sommes impatients de partager avec vous tous.

Alors, dans ce nouvel espace créatif qui est le nôtre, Ben et moi, accompagnés de Sef, avons donné vie à un nouveau projet musical qui devrait paraître ce printemps. C’est quelque chose de très différent de tout ce à quoi nous avons donné vie jusqu’à maintenant, un paysage artistique composé d’émotions idylliques et galvanisantes, un projet conceptuel inspiré de la résilience de ceux qui recherchent, de la solidarité de ceux qui se tiennent debout pour ceux qui s’agenouillent, du triomphe d’une idée plus grande que soi-même, d’un amour pur né du désespoir. Nous sommes vraiment fiers de ce projet, et avons hâte que vous en découvriez la nature.

Pour ce qui est des prochains projets de Your Favorite Enemies, les prochains mois seront riches en communion, alors que nous sommes maintenant 6 assemblés à Tanger jusqu’en avril afin d’explorer et d’expérimenter ensemble, ce qui a toujours été notre façon de fermement résister à la tentation d’une création convenue et confortable. La seule perspective d’être réunis ici est déjà magnifiquement inspirante, pour n’en dire que ceci, alors nous sommes impatients de voir ce qui ressortira de l’océan en floraison de notre vision artistique renouvelée.

Attendant impatiemment le moment où nous serons avec vous tous, nous voulons vous souhaiter une nouvelle année épanouissante et exaltante, sachant que nous serons bientôt à vos côtés, que ce soit pour une étreinte fraternelle, un sourire échangé, un concert ou un moment de communion vécu en musique, ou quelque part sur la route.

Avec tout notre amour,
Alex, accompagné de Jeff, Miss Isabel, Ben, Sef et Moose

PS : Assurez-vous de vous joindre au fan-club du groupe (SFCC) pour plus d’informations sur les projets à venir et sur notre présente aventure en Afrique du Nord.

Le temps ne guérit pas… Seul le pardon le fait.

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Publié initialement dans le magazine japonais BEEAST

Je me tenais devant la porte de ma chambre avec probablement plus d’excitation que mes 2 petits amours poilus MacKaye et Leonard, qui pleuraient et aboyaient pour que j’ouvre vite. Ce pur moment d’amour est ce qui m’a fait revenir de de façon régulière dans l’année qui s’est écoulée, me séparant du moment où je dirais : « Ok, cette fois je suis de retour à la maison. » Je n’aurais jamais pensé que la dernière année se passerait comme ça, même si je n’avais aucun plan. Les journées sont devenues des semaines. Les semaines sont devenues des mois. Et sans crier gare, je me suis retrouvé à me demander si je reviendrais un jour, ce qui, je pense, n’aurait jamais eu lieu si ce n’était pour l’écriture du livre « A Journey Beyond Ourselves ». J’étais à ce point émotionnellement anéanti, mais j’ai réalisé que je n’étais pas définitivement brisé après tout. Tu peux courir aussi loin et aussi longtemps que tu veux, pour toutes les bonnes et mauvaises raisons. Le temps ne guérit pas… Seul le pardon le fait.

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Ce fut spécial pour moi d’être de retour en studio hier soir, après ce qui semblait faire une éternité. C’était spécial de me retrouver dans un endroit avec tellement d’histoires, avec tellement de nos larmes, rires, rêves endeuillés et succès exaltants. Je ne m’attendais pas à ce que l’endroit soit autre chose. Encore une fois, c’est ce que nous décidons de faire de ces moments qui détermine leur nature et par conséquent leur implication émotionnelle. Hier soir, sans aucune autre raison que de le sentir, tout ça à travers la liberté avec laquelle je vis ma vie maintenant, j’ai même pu le partager avec les autres. Je gardais toujours mes émotions personnelles pour moi avant, alors ça m’a rappelé comment quelque chose d’aussi simple qu’être au même endroit que les autres n’a jamais été aussi simple que ça pour moi jusqu’à maintenant. Partager des idées de chansons et révéler un peu des émotions qui vivaient en elles était bénissant pour moi… c’était simple.

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J’ai partagé entre autre que, au milieu du monde chaotique dans lequel nous vivons au quotidien et chaque nouveau matin d’éternel deuil, j’ai senti que c’était le moment pour moi de donner vie aux mots de compassion, de grâce et de miséricorde que je n’ai eu de cesse d’écrire pour purger l’intolérance et le fatalisme qui rôdent autour de nous, suivant chaque insupportable et terrible acte de terreur révoltante dont nous faisons partie, que ce soit en tant que victimes de la haine ou survivants impuissants, ou dont nous nous déconnectons, que ce soit pour nous protéger de la haine ou tel un déni reconnu de vivre sans peur, peu importe ce que ça peut vouloir dire. Comme j’ai dit à un ami proche qui m’avait demandé d’écrire un texte pour un important journal après un acte récent de terreur abominable et révoltant, je ne pouvais plus, aussi honteux et désespéré que ça puisse sonner, continuer d’écrire des eulogies.

Après les événements survenus à Manchester…

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Nous sommes tous totalement dévastés par la nuit d’horreur à Manchester, une ville qui a toujours été très significative pour le groupe, et où nous avons beaucoup d’amis proches et de membres de la famille. Nos pensées les plus sincères et nos prières les plus pures vont vers les familles à qui l’on a enlevé les bénédictions d’être dans la présence de leurs êtres chers, et à tous ceux qui, tout comme nous, se sentent impuissants face à de telles actes monstrueux et abominables de haine et de violence.

Chaque matin suivant de tels désastres, qu’ils soient perpétués dans des lieux familiers ou lointains, nous rappelle à quel point la paix collective et l’empathie commune sont fragiles face à l’implacable nature de la haine… Combien le prix pour le pardon et l’amour semble être de plus en plus difficile à payer pour les gens de bonne volonté… Alors que nous en sommes à faire face aux peurs les plus horribles et aux craintes présentes, celles-ci s’avérant être les mêmes monstres que nous méprisons tellement profondément… du moins c’est toujours la décision personnelle que je prends…

Embrassons la vie; c’est toujours la façon la plus inspirante d’honorer ceux que nous avons perdus et de répondre à la haine et à la terreur.

– Alex

PS : Nous voulons aussi remercier tous ceux qui nous ont envoyé des messages afin de s’assurer que Jeff et moi étions en sécurité, puisque nous sommes tout juste de retour d’un voyage au Royaume-Uni… Désolés d’avoir mis du temps à répondre, nous sommes tout aussi choqués que vous tous… Une chose est sûre par contre; votre affection est encore une fois tellement inspirante pour nous tous. Merci de nous rappeler le pouvoir du véritable amour.

Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie

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Nier les droits d’une personne revient à les corrompre. Nous ne comprenons peut-être pas, nous ne sommes peut-être pas à l’aise, peut-être même que nous ne sommes pas d’accord, mais une chose est sûre; dès que nous nions l’égalité sur la base de nos croyances ou sur les différences des autres, nous devenons complices de la haine à laquelle chacun d’entre nous avons eu à faire face, faisons actuellement face ou ferons face un jour simplement en étant qui nous sommes. Reconnaître qui nous sommes, peu importe ce que ça veut dire, c’est aussi reconnaître et accepter les autres. Qu’on le veuille ou non, nous sommes tous étranges, bizarres ou inappropriés pour au moins une autre personne. Et c’est ce qui fait du monde un endroit bien plus captivant où évoluer que n’importe quelle dictature homogénéisée créée par nos peurs et ce que nous blâmons. Du moins, bon ou mauvais, c’est mon humble avis… Les droits humains pour tous… sans exception !!!

– Alex

Most Live To Say Goodbye, Some Die To Feel Alive

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La plupart des gens vivent pour dire au revoir, d’autres meurent pour se sentir en vie.

New York a toujours été une entité vivante des plus fascinante pour moi. Plus que le nom iconique, c’est tout un monde tournant sur lui-même, un peu comme un concept fictif de tous genres… C’est comme si le temps n’avait jamais eu aucune autorité sur ses marées mouvantes portant à son évolution. C’est comme le centre de partout où vous essayez de regarder; le passé, le présent, le futur. Joyeuse joie et misère apathique. Tout ce que nous essayons de laisser derrière et tout ce que nous avons toujours souhaité. Dépendance et liberté. La communauté et l’autonomie. C’est une image symbolique de liberté et une forteresse opulente implacable. Une indigence pornographique et une ambition sanctifiée.

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Comme un miroir reflétant sa vision du monde qu’il crée et détruit, c’est une illusion romantique pour les dévots de l’amour éternel. Un refuge pour ceux qui sont à la recherche d’un nouveau départ. Un théâtre pour quiconque recherche une lumière plus brillante pour briller. Un repaire pour les étrangers. Une foule brillante pour ceux qui fuient leur propre silence. Une image mouvante de la nostalgie passée et d’une vision du futur. C’est une rue occupée pour un écrivain anonyme, un feu mystique, un désir mystérieux devant lequel s’agenouiller, une élévation de nos propres contractions. C’est la beauté de toutes les créations et la catastrophe chaotique qui vient naturellement avec. C’est à ça que ça ressemble d’être Dieu selon ses propres règles, et ce que ça veut dire d’être vraiment humain.

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J’ai grandi dans une tempête, jamais trop vieux pour croire et trop jeune pour vraiment m’en préoccuper. La plupart des gens vivent pour dire au revoir, d’autres meurent pour se sentir en vie. Et aussi proche qu’elle puisse se trouver de la maison, la réalité semble toujours être la plus éloignée de tous les endroits vers lesquels aller, comme si la distance entre un rêve et son incarnation demeure la plus grande à surmonter. Et en cette soirée brumeuse et pluvieuse du 1er mars 2016, marcher sur Broadway, boire du vin entouré par les rires et l’émerveillement des gens que tu aimes… Ce moment n’était pas New York. C’était bien plus grand que toutes ses lumières éclatantes et son vibrant horizon. C’était la famille… Aussi magnifiquement simple qu’elle est. Aussi édifiante et inspirante qu’elle est. La famille… et sa capacité unique de permettre aux siens d’être, entre un rêve et son incarnation, peu importe ce qu’il est ou pourrait être.

New York City… “Most Live To Say Goodbye – Some Die To Feel Alive”

– Alex

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Tant que ça nous importe…

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Thoughts following the events in Sainte-Foy

C’est avec une terrible douleur que j’écris un message comme celui-ci… Pas parce que la folie a violemment enlevé des vies chez nous, mais parce qu’il est de plus en plus difficile pour moi de regarder autour sans paraître désespérément cynique ou déconnecté…

C’est comme si le monde, plus que la réalité dans laquelle il semble tourner ou grandir, devenait de plus en plus flou. Comme si à chaque fois que nous sommes forcés d’observer ce qui se passe en dehors de nos propres vies, nous devons être les témoins impuissants d’une autre brillante couleur disparaissant sous nos yeux, soudainement aveuglés, ne serait-ce que pour un bref instant, par les horreurs ignobles qui semblent affreusement se rapprocher de plus en plus de ce que nous pensions être notre havre de paix, s’il en est un.

C’est d’autant plus douloureux pour moi de méditer sur l’espoir, l’amour et la paix alors que la « terreur » ne cesse de s’inviter à la table de la communion, emmenant avec elle son abominable obscurité, comme si une méchanceté si terrible mettait au défi tout ce que je suis, tout ce en quoi je crois, tout ce qui définit la compassion que je transforme en action, me forçant à aller de plus en plus en profondeur à chaque fois, de faire une introspection sur moi-même. Mais tout en moi préférerait continuer de regarder de l’autre côté pour refuser l’idée même de l’existence d’une telle haine, pour le renier, pour continuer de vivre, comme si… comme si quoi…? Parfois, je suis simplement trop confus pour même être capable de me mentir à moi-même… “Tout va bien aller”, je n’ai de cesse de chuchoter. Mais comment je le sais ? Je ne cesse de me le demander. Est-ce que c’est bon d’être confus ? Je ne sais pas.

Depuis les atrocités de Charlie Hebdo, les multiplications des tragédies haineuses détestables, leurs images et vidéos associées, ce qui me dégoûte le plus reste le haut niveau de non-sens apathique que nous ne cessons d’entendre dans les différentes tribunes publiques. “Experts”, “spécialistes”, “observateurs” et “commentateurs” nourrissent le flux de toutes les inepties possibles et imaginables tellement faciles et génériques quelques secondes seulement après que la nouvelle soit sortie. Ce matin, les âneries que j’ai entendues allaient bien au-delà de toute intelligence des deux côtés du spectrum politique et social. Ça m’a dégoûté. Les gens faisaient la publicité de leurs livres, conférences, services… aucune compassion, aucune empathie, aucune sympathie, aucune grâce, même pas du bout de leurs lèvres alors qu’ils se faisaient leurs propres publicités. Ça m’a rendu malade. J’avais tellement de répulsion face à un tel manque de sensibilité pour être capable de le contenir tout au long de la journée. Ça allait bien au-delà de toute imagination. Et depuis que Donald Trump a été élu président, Dieu seul sait le degré de stupidités entendues de tous les côtés possibles, de dépeindre la femme comme un objet sexuel à accrocher au mur, à l’interdiction des réfugiés, les blagues assassines, jusqu’à parler publiquement de bombarder la maison blanche. La rhétorique politique et sociale est maintenant trop monstrueusement dépravée de sens pour simplement être vue comme ridiculement pathétique; c’est hideux.

En fait, après les horribles événements qui se sont déroulés à Istanbul lors du réveillon du Nouvel An, je me suis promis d’arrêter d’écrire à propos de ces tragédies. Quand les mots ne sont pas suffisants pour partager la vraie dimension de mes sentiments, je préfère laisser les autres qui ont encore assez de force pour le faire. Mais après avoir reçu tellement de messages d’amis de partout dans le monde, de différentes cultures, religions ou de différentes sphères sociales, économiques et politiques, j’ai réalisé encore plus que ce n’est pas ma faiblesse ni ma confusion ou mes doutes que je dois craindre mais le silence… Le vrai sérum contre tout ce qui mène à ou nourrit l’amertume, la tristesse et la haine reste notre désir de rester invitants, accueillants comme nous le sommes, de continuer de prendre une chance…

Alors que j’écris, je suis tout autant confus qu’avant, si ce n’est plus encore. Je me sens toujours impuissant, dégoûté par tout ça. Mais c’est ce qu’un ami proche du Maroc m’a écrit récemment qui ne cesse de vibrer dans mon coeur aujourd’hui. “C’est ok d’être découragé, confus ou même d’avoir peur. Nous le sommes tous. L’amour, la paix, le monde… rien n’est cause perdue tant que ça nous importe. Tant que ça nous importe, il y aura toujours de l’espoir, mon ami. Continue ton chemin et souviens-toi, quand tu es découragé et que tu veux abandonner, qu’il y a des gens comme moi qui se soucient de toi, pour qui tu comptes.”

Et je ne cesse de murmurer “tout va bien aller” et je ne cesse de me demander “comment je le sais ?”. Peut-être bien que c’est parce que je suis un sur des millions qui s’en soucient que je sais que ça va bien aller. Merci pour vos messages et de m’accueillir comme vous le faites. Ma famille, mes êtres chers et moi-même sommes en sécurité. Le monde peut sembler tomber de plus en plus dans l’obscurantisme du noir et blanc, mais je sais que les couleurs que je pensais perdues sont conservées précieusement dans vos mains généreuses et ouvertes, mes chers frères, soeurs et êtres chers… Continuons de briller !!!

Traduit de la version originale anglaise par Juliette

Quand la liberté est un lieu dans le temps

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Publié initialement dans le magazine japonais BEEAST

« Je suis désormais convaincu que Tanger est un endroit où le passé et le présent existe simultanément à des degrés proportionnels où, à une journée emplie de vie est ajoutée une profondeur supplémentaire de réalité due à la présence d’une veille tout aussi vivante. À Tanger, le passé est une réalité physique aussi perceptible que la lumière du soleil. » – Paul Bowles – 1958 – The Worlds Of Tangier 

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Il y a des moments dans la vie qui sont si incroyablement significatifs, dont l’impact est tellement profond, purement réel et authentique, à tel point qu’il est difficile d’en saisir la véritable nature, de pouvoir en capturer l’essence, alors que ceux-ci semblent être complètement éloignés des lois tangibles de ce que nous appelons « réalité », de tous les éléments dont nous avons besoin pour définir en mots non seulement leur sens, mais pour croire en leur authenticité afin de rassurer notre perspective logique face à ce flot d’émotions contenu dans notre totale incertitude affective, pour construire une nouvelle couche de vie basée sur des moments si significatifs, comme si définir les merveilles que nous ne pouvons pas vraiment comprendre avait cette aptitude à leur donner une certaine réalité, suffisamment tangible pour reconnaître leur existence et par conséquent leur effet transformateur sur nous. Eh bien, c’est comme ça que je peux décrire ce que j’ai vécu pendant mon séjour à Tanger; une éblouissante réverbération de soi.

Exil de moi-même

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Publié initialement dans le magazine japonais BEEAST

« Si vous voulez être heureux, soyez-le » – Tolstoï

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Je suis présentement au Maroc, depuis seulement 2 jours dans ce qui se doit d’être une résidence de 8 semaines dans la très inspirante ville de Tanger. Je bois un verre de vin rouge sur le toit de la terrasse du Dar Nour, une magnifique maison d’hôte dans laquelle je vis actuellement, un endroit que j’appelle déjà maison. Au coeur de la kasbah de Tanger, je fais face au soleil nord-africain qui brûle en offrant généreusement un dernier portrait de ses lumières, brillantes et vives, avant de doucement se coucher dans un mouvement empli de poésie. Le vent caresse doucement la surface de mon visage, une brise fraîche venant de l’océan, reflétant le bleu pur du ciel, miroir du monde qui danse sans cesse à seulement quelques pas d’où je me trouve. Le décor parfait révèle les charmes attrayants de l’Espagne, m’invitant encore et encore à travers le son de l’océan… Trop beau pour le nier, trop délicat pour le refuser, trop désirable pour le refuser.

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